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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 16:25

Les anabaptistes sont des protestants radicaux du XVIème siècle qui considèrent que les réformes de Luther et de Zwingli sont trop lentes et timorées par rapport aux exigences évangéliques contenues dans les textes : ceux-ci affirment en effet la stricte séparation de l’Eglise et de l’Etat (rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu), le baptême demandé dans un acte de foi (et non le pédo-baptême imposé aux enfants), le pacifisme (ne pas porter d’épée, ne pas entrer dans les institutions militaire ou judiciaires – car les juges sont amenés à prononcer des condamnations à mort !).

 

Le théologien Conrad Grebel (1498–1526) a rejoint Ulrich Zwingli en 1521, à Zurich, et il y anime un cercle d’étude de la parole comprenant une quinzaine de personnes, mais le 10 janvier 1523, la rupture est consommée entre les deux hommes lorsque le réformateur confie l'autorité religieuse au Conseil de la ville de Zurich ; et, le 17 janvier, lorsque le Conseil décide d'exiler les parents qui attendaient plus de huit jours pour faire baptiser leurs enfants, visant précisément ce premier cercle d’anabaptistes. Le 21 janvier 1525, le Conseil des 200 sénateurs de la ville de Zurich somme Conrad Grebel et Félix Mantz de cesser leurs réunions. Le même soir, le cercle de Grebel se réunit à Zurich au domicile de la mère de F. Mantz. Georges Blaurock, premier prêtre marié dans le cadre de la Réforme luthérienne, demande alors à Grebel de le re-baptiser …
 

La Confession de Schleitheim (au nord de Zurich, en frontière avec l’Allemagne), rédigée en 1527, est le texte fondateur de ce groupe d'anabaptistes que l'on appelle les Frères Suisses. La Global anabaptist-mennonite encyclopedia online (GAMEO) estime que l'auteur en fut Michael Sattler. Elle comporte sept points, qui sont :
1 interdiction du baptême infantile
2 "meidung" : mise à l'écart du frère ou de la sœur -chrétien(ne)- "tombé(e) dans l'erreur". Ceux qui tombent dans le péché devraient être avertis deux fois dans le secret, mais au troisième délit ils devraient être excommunié(e)
3 "unité de cœur" lors de la Sainte Cène (comprendre que des exclusions ont précédé la communion)
4 séparation d'avec le Mal: comprendre une séparation complète d'avec toutes les institutions politiques et toutes les églises "de la multitude"(catholique et protestante)  ; interdiction de faire la guerre
5 nomination de pasteurs qui peuvent prononcer des admonestations et des exclusions
6 interdiction d'"user de l'épée", c'est-à-dire de participer à l'institution judiciaire à quelque titre que ce soit (juge, témoin, plaignant)
7 interdiction du serment

 

La répression s’abat sur les anabaptistes. Conrad Grebel est emprisonné fin 1525, parvient à s’enfuir en mars 1526 mais meurt de la peste en juillet ou août de la même année. Felix Manz est exécuté par noyade le 5 janvier 1527. En mars 1526, le conseil de Zurich signe un édit rendant le baptême d'adulte punissable de mort par noyade : de nombreux anabaptistes périront ainsi dans les eaux glacées du Lima.

 
anabaptists_1525-1550.png
Le mouvement connaît un bel essor aux Pays-bas, d’abord avec les Melchiorites en Frise, adeptes de l’Allemand Melchior Hoffman (1498-1543), lequel, venant de Strasbourg, re-baptisa quelques 300 adultes vers 1530-1531 ; puis avec le Frison Menno Simons (1496-1561) (dessin ci-joint) qui donna son nom aux mennonites. Il écrit La Résurrection Spirituelle en 1534, puis un pamphlet intitulé Le Blasphème de Jan van Leyden (Jean de Leyde, un prédicateur anabaptiste hollandais qui avait été baptisé en 1533), contre les anabaptistes fanatiques de Münster qui s’emparèrent de cette ville allemande (de mars 1534 à juin 1535) pour y établir une théocratie musclée visant à établir une « Jérusalem céleste » sur terre en commençant par exiler tous ceux qui ne voulaient pas obtempérer (en avril 1535, plusieurs centaines d’anabaptistes, inspirés par des messagers venus de la cité anabaptiste de Münster, avaient pris le monastère d’Oldeklooster, en Frise). Prêtre catholique, il quitte ses fonctions ecclésiastiques en janvier 1536 et se fait re-baptisé ; un an plus tard, il est ordonné ancien par le dirigeant melchiorite Obbe Philips. Il préconise une voie résolument pacifiste. En 1544, la régente de Frise expulse les Anabaptistes, mais tolère les Mennonites.

En 1693, Jakob Amman, un des principaux leaders de l'anabaptisme, en divergence théologique avec la branche suisse des Mennonites, fonde le mouvement Amish, dont une partie se retrouvera aux Etats-Unis où ils sont connus pour leurs communautés traditionnelles opposées à tout progrès techniques.

Le mouvement baptiste n’est pas en continuité historique avec ces communautés anabaptistes, mais il en reprend le baptême adulte en tant que témoignage volontaire et acte de croyant. John Smyth (1570-1612) était un pasteur anglican, ordonné en 1594 en Angleterre, mais peu de temps après il entra en dissidence. Il pensait que le vrai culte devait venir du cœur, que prier, chanter et prêcher devait être uniquement spontané et qu’il n’y avait pas besoin de lire la Bible durant le culte car la Parole de Dieu (inspirant directement le prêcheur) était plus importante. A ce rejet de la liturgie habituelle, il ajoutait une double direction à l’Eglise, avec le pasteur et le diacre. Il part en Hollande, à Amsterdam vers 1608-09 avec un groupe avec lequel il fonde la première église baptiste. Il se rebaptisa lui-même, avant de rebaptiser ses ouailles. Puis il se rapprocha des Mennonites et invita ses fidèles à le faire, ce que la plupart firent après sa mort. Toutefois son coreligionnaire et compagnon Thomas Helwys (1550- 1616) maintint l’identité baptiste qui est celle aujourd’hui de la dénomination General Baptist (baptistes ‘généraux’) et il ramène le groupe des restants en Angleterre en 1611-12, il y publia Une courte déclaration sur le Mystère de l'iniquité qui fait l’apologie de la liberté religieuse pour la première fois en Angleterre et pays de Galles.


Une première branche dissidente Particular Baptist (aujourd’hui les ‘Baptistes réformés’) se formera en 1638 à partir des dissidents d’une paroisse londonienne se référant aussi la prédestination calviniste. Elle se développera avec les confessions de foi de Londres de 1644 et 1689.


En 1639, Roger Williams (1603-1683), protestant non conformiste, permet l’installation de la première Eglise baptiste d’Amérique dans sa colonie du Rhode Island, en Nouvelle Angleterre. En 1689, l’Acte de Tolérance garantit aux baptistes la liberté religieuse, et, en 1707, ceux-ci s’installent à Philadephie. A partir du congrégationalisme américain (de tradition calviniste) et suite aux mouvements de réveil, des congrégations passent au baptisme (la même dynamique jouera en faveur de l’unitarisme à partir des années 1819). Ce sont les Baptistes ‘séparés’ (par rapport aux autres dits alors ‘réguliers’ de tradition ancienne). Des baptistes américains se réfèrent quant à eux aux ‘baptistes généraux’ et se nomment ‘les baptistes du Libre-arbitre’. L’influence calviniste se maintiendra toutefois avec les ’baptistes primitifs’ (en 1835), partisans de la prédestination et donc hostiles à tout effort missionnaire. Plus tard, en 1850, apparaîtra le mouvement ‘landmarkiste’ (de l’anglais landmark = borne), qui privilégie les communautés locales et qui condamne la collaboration avec les autres groupements chrétiens, l’Eglise baptiste étant à leus yeux la seule à pouvoir se réclamer d’une succession ininterrompue depuis le Christ !).


A partir de 1758, depuis la Caroline du Sud, c’est l’expansion fulgurante d’un baptisme revivaliste dans les Etats du Sud (avec en 1773, une première Eglise noire). La guerre de Sécession divisera les baptistes entre Nordistes et Sudistes : une Convention baptiste du Sud (Southern Baptist Convention) est fondée en 1845, approuvant la ségrégation, de sensibilité très fondamentaliste et très conservatrice. Les baptistes du Nord se trouvent en conséquence dans une Convention baptiste du Nord (la Northern Baptist Convention), devenue en 1972 l'American Baptist Church. A noter que Martin Luther King (1929-1968) appartenait à la Progressive National Baptist Convention qui, en 1970, rejoignit la Convention baptiste du Nord.


Les Noirs baptistes s’organisent avec en 1895 une fédération d’Eglises baptistes noirs (aujourd’hui la National Baptist Convention et la National Baptist Convention of America).


L’expansion mondiale baptiste est spectaculaire. William Carey (1761-1834) fonde en 1792, l’une des premières sociétés missionnaires, la Société missionnaire baptiste anglaise, et il implante des Églises en Inde. Les baptistes sont au Canada depuis 1830, en France dans la région de Douai au début du XIXème siècle, en Russie avec forte expansion en 1917-1927, etc.  Depuis 1905, existe une Alliance baptiste mondiale.


En France, les baptistes sont principalement regroupés au sein de la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (FEEBF) laquelle est membre de la Fédération protestante de France (FPF) ou au sein de l’Association évangélique d'Églises baptistes de langue française (AEEBLF) (France, Suisse et Belgique). Il existe également quelques Églises réformées baptistes, une Communion évangélique de baptistes indépendants (CEBI) et, depuis 2007, les Baptistes du Septième Jour.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans sur les Réformateurs
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