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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 18:00

publiées dans le Bulletin de la Correspondance unitarienne, n° 98, décembre 2009

En cette période de Noël … plus que jamais l’Espérance,
par Jean Riedinger, président d’Espérance 54 (Meurthe-et-Moselle), publié dans le Bulletin Espérance 54, n° 1, nouvelle série.  Espérance 44 est une association membre de la Fédération des réseaux des Parvis

(...) Nous nous souvenons de la naissance de Jésus que nous célébrons. Cette mémoire que nous faisons est pour nous l’occasion de témoigner concrètement de notre Espérance, y compris sur les places publiques dans nos combats pour la justice, la liberté, la priorité de l’humain. Ce petit enfant Jésus - dont nous ne savons ni quand exactement il est né, ni dans quelles circonstances, ni en quels lieux - va grandir, apprendre, expérimenter librement sa vie à la lumière de la culture de son peuple, méditer et devenir un grand maître spirituel et humain.

C’est un homme (Ecce Homo) que l’on a trahi de siècle en siècle, en le divinisant sous des aspects idolâtriques en contradiction avec le Dieu qu’il annonce, en faisant de lui un fondateur de religion dogmatique et hiérarchique, en lui donnant le rôle de garant de la violence des puissants contre les faibles et les pauvres, de la violence qui exclut. Mais nous partageons avec beaucoup de croyants de toutes les époques de l’histoire, une autre idée de l’homme Jésus, de son enseignement, de ses actes et de leur caractère profondément "révolutionnaire" ou "bouleversant" au sens fort pour chacun de nous et pour l’Humanité en général.

Ce message évangélique, nous en sommes aujourd’hui bien humblement et souvent bien insuffisamment les héritiers et nous avons à le redire avec les mots et les actes qui conviennent au monde dans lequel nous vivons. Noël est ce moment d’émotion où nous célébrons la venue au monde d’un bébé comme tous les bébés, conçu bien entendu comme les autres, et qui nous a historiquement interpellé dans ce qu’il y a de plus essentiel : la dignité de " fils de Dieu " de tout être humain, y compris (voir à commencer par) les plus méprisés, les exclus, les prétendus pêcheurs, ceux qui sont en prison, les malades, les femmes méprisées et infériorisées, les étrangers, etc., ce qui devrait faire de nous des responsables pour notre temps de l’incarnation réelle de ce que, dans les évangiles, en termes sans doute vieillis, on appelle le "Royaume".


S’informer sur les aspects positifs et négatifs de chaque religion.
lettre de Raymond Bath (Montignies-sur-Sambre, Belgique), à la Correspondance unitarienne, le 30 juillet 09


J’ai bien reçu le bulletin mensuel Correspondance unitarienne […]. L’unitarisme correspond bien à ce que j’en connaissais, sauf dans les détails.

Suis-je favorable à l’unitarisme ? Oui ... et non ... ! Il conviendrait, je crois, de faire la différence entre "anti-trinitaires", typiquement chrétiens, et unitariens "inter-religionnistes". Mais soit ! Il faut voir les choses avec circonspection. C’est une erreur – et non des moindres – de croire que toutes les religions ont la même valeur, la même "vérité". Je suis libre-penseur, détaché de toute obédience religieuse, mais avant tout et malgré tout, je reste chrétien.

J’estime que l’hindouisme est une religion d’iniquité avec son système de castes. Pourtant, l’homme que j’admire le plus après Jésus-Christ est ... Gandhi. Gandhi qui a payé de sa vie son courage à "ré-humaniser" les "Intouchables". Je ne puis admettre la croyance bouddhiste au nirvâna qui, pour moi, ressemble à une doctrine d’anéantissement pur et simple. Mais j’ai de la considération et du respect pour l’actuel dalaï-lama, prix Nobel de la paix. Telle est une religion, différent est l’homme qui la partage théoriquement. Il y a parfois un monde entre la doctrine officielle et la manière dont cet homme l’interprète et la pratique ! On peut faire du christianisme un usage criminel quand on détache un principe biblique de son contexte littéraire et historique. C’est la manière dont procédait l’Inquisition.

Il faudrait fonder une association d’information mutuelle des religions (aspects positifs et aspects négatifs), information aussi sereine et objective que possible. Existe-t-elle en germe ou déjà en réalité chez les unitariens ? J’en doute fort. Ce serait, je m’en rend compte, une entreprise périlleuse. A défaut de mieux, pour l’instant, l’unitarisme a probablement un rôle historique à jouer sur le plan de l’évolution de la pensée philosophique et religieuse débordant parfois dans le domaine scientifique.

Redécouvrir l’Ancien Testament en lisant L’Institution chrétienne de Jean Calvin
article intitulé "premier bilan de lecture" (n° 282) de Marie-Claire Lefeuvre paru le 17 08 09 sur son site

 

J’en suis à la page 617 sur environ 1450. Si j’ai fait bien des critiques négatives de détail, ou majeures, de l’œuvre, il n’en reste pas moins que mon admiration pour elle marche de pair, en particulier sa vaste culture biblique, la création probable de pensées nouvelles sur des textes anciens ; il suit Luther, et la Bible, mais qu’en est-il de ses propres créations ? j'ignore quelle est sa part exacte d'interprétations nouvelles face à celles des autres réformateurs. Malgré tout, Calvin est-il encore un suiveur ? Pour ma part, je constate plutôt, avec mes yeux d'aujourd'hui, qu’il abdique son intelligence et la remplace par une argumentation basée sur des citations-preuves tirées du Nouveau Testament ou de l’Ancien. Ceci dit, les protestants ont fait déjà pas mal de ménage, et il ne voudrait peut-être pas donner raison à l’adage : " Qui trop embrasse mal étreint ".

En réalité, ce serait tout le Nouveau Testament qui serait à revoir, à refonder, pour moi, sur la base du Christ-uniquement-homme, mais pleinement habité du Saint-Esprit, et sur la base du rejet du "sacrifice expiatoire", un Nouveau Testament encore plus loin des coutumes primitives, des "légendes mythiques" dont sont remplies nos religions.

Curieusement, à lire L’Institution, où à chaque pas je butte contre "le sacrifice expiatoire", la présence du Christ affirmée dès l’Ancien Testament, par une extrapolation à mes yeux mensongère, liée à cette fameuse Trinité, à lire Calvin, je me découvre de plus en plus …juive, car il a sans cesse des citations de l’Ancien Testament pour prouver ses dires, et je distingue ainsi mieux la beauté de celui-ci, sa pérennité, sa grandeur. Tout, ou presque tout, y a été dit. Il n’est encombré d’aucun dogme humain, trop humain. C'est par son extrapolation mensongère - Calvin met partout le Christ dans l'Ancien Testament - que je peux justement voir que l'Ancien Testament - sans le Christ - a "tout" dit... curieuse inversion de la volonté "trinitaire" de Calvin ! Je vais peu à peu dans cette découverte essentielle à l'inverse de ce qu'il voudrait ! Calvin et d'autres ne voudraient-ils pas accaparer ce merveilleux Ancien Testament au profit du christianisme ? Ce dernier a sa grandeur propre : qu'il ne soit pas trop "convoitant", ni gourmand.

M
aintenant, ma religion, c’est L’Ancien Testament + le prophète Jésus, qui le clôt, et lui donne sa véritable ampleur, sa juste grandeur, son aboutissement authentique. Oui, Jésus est bien le surprenant Messie attendu. Il est uniquement spirituel, sans violence ; il paye totalement de sa personne, abandonne le terrain aux "forts" de ce monde et laisse libre l’homme dans ses choix. Il discerne admirablement les failles juives de l’interprétation de la Loi, et sa grandeur véritable, là où elle nous mène ; il est le Chemin vers Dieu.

à propos de Calvin en général et de la prédestination en particulier
par Michel Jamet, Lettre ouverte "théologique" adressée à deux amis pasteurs de l’ERF le 27 septembre 2009

Vous avez été, vous êtes l’un comme l’autre pasteurs de l’Eglise réformée de France - un courant du protestantisme issu (pour faire simple) de la mouvance calviniste. Contrairement à vous deux, je suis issu comme vous le savez de la "société civile" et donc sans aucune formation théologique universitaire. Avec le risque induit d’exprimer en toute bonne foi des contre vérités d’autodidacte ! Cette précaution oratoire posée, j’en viens à mon propos "simpliste" d’aujourd’hui.

Avec mon épouse, nous avons suivi ici à Nantes un cycle de conférences organisé par l’ERF locale à l’occasion du 500ème anniversaire de la naissance de Calvin : notamment ses années d’étudiant en droit d’abord à Paris puis à Orléans et Bourges. On avait déjà senti le conférencier (un pasteur nîmois) assez gêné aux entournures pour parler de la réputation "contrastée" de son modèle à propos notamment de l’épisode Michel Servet qui vit la conjonction complice de Calvin avec les autorités catholiques de Vienne pour envoyer au bûcher un Juste "non-trinitaire", unitarien avant la lettre !

Mais comment peut-on défendre cette indéfendable conceptualisation de la double prédestination
que Calvin a reprise en copié-collé de saint Augustin : déjà immortalisé, lui, inter generationes par son… invention du péché originel ! Et quand on sait ce qu’en ont fait - de cette double prédestination - les Presbytériens d’Ecosse (eux aussi d’origine calviniste), ça fait littéralement froid dans le dos : pour attirer des prospects vers un Dieu soi-disant Infiniment Bon et Infiniment Juste, comme repoussoir, on n’aurait pas pu inventer mieux ! Alors qu’on a chanté dans les monastères durant des siècles : " Ubi caritas et amor, Deus ibi est ... "

Message d’adieu
reçu le 28 novembre 2009, ce message de Jean-Pierre Babin (*) est son testament spirituel, (*) ancien président et secrétaire général actuel de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU).

Mes amis, Ces lignes expriment-elles noirceur ou lumière ? Peu importe !
ATARAXIA MON AMOUR - Personne n’est responsable d’avoir vu le jour dans ce monde matériel, aussi absurde qu’inutile. Par contre, nous ne sommes pas innocents des autres nous-mêmes que nous engendrons. Certes, souvent le mal est déjà fait avant que nous prenions conscience de notre crime. Néanmoins, il nous demeure encore possible d’alerter celles et ceux qui n’ont pas encore jeté de victimes dans l’enfer. Sur ma pierre plate et sans signe distinctif, je ferai graver :
" Désormais les atomes qui composèrent mon corps
Se recyclent lentement en nouveaux organismes du terreau,
Tandis que ma conscience s’est dissoute à la seconde de mon extinction
Dans l’ataraxie-nirvana où aucun mal ne peut plus l’atteindre ".
Ainsi je demeure, serein, ne craignant aucun jugement, n’espérant aucun paradis, attendant en confiance la paix totale de l’esprit.

Aimer Jésus
- é
chos du forum des "Unitariens francophones", messages échangés en novembre 09


Jean-Claude Barbier
(chrétien unitarien) - La relation avec un maître spirituel - c'est le cas des chrétiens unitariens ou autres chrétiens ou autres croyants et non croyants vis-à-vis de Jésus - est une relation d'amour. Depuis qu'Hassan a, dans notre forum, déposé la prière du Seigneur (le Notre Père) en araméen, la langue qui fut celle de Jésus, je l'écoute en boucle avec émotion, les larmes de joie aux yeux et l'exultation au coeur (lien).
C'est ainsi quand on aime quelqu'un ou quelqu'une. Depuis, oui ! Je l'avoue, je pleure sa mort sur la croix et je lis ses dernières paroles qui furent rapportées par ses disciples dans les Evangiles. Je fais moi aussi mon travail de deuil.

Il me nourrit chaque jour, à chaque instant. Je suis en osmose avec son être. Il ne m'indique rien, ne me dit pas quoi faire, me laisse libre ; il est lui et je suis moi ; il n'y a aucune dépendance et je ne pense pas toujours comme lui le fit à son époque ; je n'applique pas ses paroles à la lettre, je suis d'une autre culture et d'une autre idéologie ; mais, grâce aux évangiles, il m'est une présence et cela me suffit, amplement. J'en suis infiniment heureux.

J'ai lu ce matin dans des Antiennes des Cantiques évangéliques, cette magnifique prière au goût antique : le matin : " Depuis si longtemps que je sers le Christ, il ne m'a fait aucun mal. Comment pourrais-je blasphémer mon sauveur et mon Roi ? " ; et le soir : " Je te bénis, Seigneur [ndlr Dieu le Père], toi qui me donnes part à la coupe du Christ".

Yohann Amal
(musulman unitarien, éditeur de "Spiritualités plurielles à l’usage des unitariens et sympathisants" - lien) – Cela signifierait aussi, si l'on prête foi à ces textes ou si l'on s'en inspire, que Jésus, homme comme nous, pourrait être notre Modèle dans notre union avec Dieu. Non pas le médiateur unique entre Dieu et nous, mais un Cadeau divin de la part du Père envoyé dans notre Humanité pour nous montrer le chemin. Un Exemple que nous pouvons suivre pour vivre notre union à la Source de toute chose, et pour cheminer dans l'accomplissement de notre pleine humanité. A titre personnel, c' est ainsi que je comprend Jésus. Même si je ne revendique pas le titre de chrétien (titre que je respecte profondément chez mes frères croyants dans lequel ils se reconnaissent ), je l'aime de plus en plus : Il est mon Maître spirituel... Excusez moi, mais quand je commence à penser à Jésus et à parler de lui, mon "coeur" se met à "brûler" !


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Published by la Correspondance unitarienne - dans CU 2009 - articles
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