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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 13:49

Article à la Une : " Comment j'ai découvert mes sympathies pour les unitariens " par Emile Mihière

 

Depuis que j’ai pris contact avec cette mouvance, je m’y sens à l’aise et je voudrais dire pourquoi. Je vais donc extérioriser mes engagements, mes rencontres, mes échecs et des moments merveilleux qui tissent le fil de l’existence.

Mes parents, commerçants, travailleurs et pieux, à Droite naturellement, m’ont fait macéré dans un milieu clérical et protégé. J’allais dans une école catholique : c’était un point d’honneur dans la famille, même si l’on devait se « saigner aux quatre veines » pour payer la pension. Dans ce milieu bien pensant, il n’y avait qu’une vérité incarnée dans les dogmes immuables enseignés par un clergé bardé de certitudes. J’y adhérai volontiers sans me poser de question, dans ce milieu ultra protégé en restant dans un certain infantilisme par rapport, en particulier, à la sexualité et à la politique. A 20 ans, je n’avais jamais embrassé de fille et j’ignorais ce qu’était un syndicat.

Désireux d’être utile, la voie royale (pensez au Sur-moi !) qui s’offrait, c’était le sacerdoce … et j’entrai au séminaire. Je commençais à me poser quelques questions sur la Bible, les sacrements ; puis vint en 1943 le Service obligatoire du travail (STO) en Allemagne et la consigne de l’évêque de Marseille : « Votre devoir est de vous soumettre au gouvernement du maréchal Pétain ». Là-bas, en Silésie, libéré de la soutane et du cocon clérical, en contact avec le monde réel, quoique naïf encore, j’ai appris la critique du « devoir d’obéissance » et confronter mes soi-disant certitudes dogmatiques ou autres avec les copains.

Re-rentré au séminaire (j’avais de bons restes catholiques), je commençais à fortifier mes doutes quant aux dogmes, celui de l’infaillibilité papale entre autres. Nommé en paroisse ouvrière (quartier Nord de Marseille). Je me suis rapidement aperçu combien notre religion était superficielle par rapport à la vie des gens ; seuls les prêtres ouvriers partageaient pleinement les souffrances et les espoirs de ce peuple. Puis vint le décret mortifère de 1954 qui supprimait cette catégorie de prêtres sans discussion possible : la machine d’obéissance romaine était en route écrasant tout sur son passage. Mon curé, qui avait pris partie a été limogé ; il fut nommé aumônier d’hôpital et réduit au silence.

Je suis resté pour étudier de plus près ces dogmes romains inviolables et partir en connaissance de cause. J’ai pu le faire en étant aumônier de lycée et d’étudiants. Finalement, n’étant plus d’accord avec mon Eglise, j’ai quitté le sacerdoce et repris un emploi dans une fonderie, jusqu’à ce qu’un ami, pasteur protestant, me dise : « Tu peux faire autre chose que charger un four, et on aurait besoin de toi chez les protestants ! ». Je suis ainsi devenu ministre de l’Eglise réformée de France.

Dans le milieu protestant libéral, animé par la revue Evangile et Liberté, j’ai pu étudier, confronter, approfondir ma foi et finalement connaître les unitariens où on accepte ces chercheurs de Dieu, de sens, sans être prisonnier d’une Eglise doctrinale. A tout âge on peut s’engager (mais non pas s’encager !).

Ainsi, j’ai reçu et lu volontiers la Correspondance unitarienne. J’ai puisé dans La Besace des unitariens, le site documentaire de cette mouvance, et trouvé des points de vue différents mais convergents tous vers une recherche sincère du vrai. Il ne s’agit pas d’unité (qui serait celle des cellules cancéreuses !) mais d’union dans une diversité reconnue, véritable vivier de richesses, d’expériences, de vécus, de pensées. J’ai rencontré des amis comme Pierre Bailleux, Roger Parmentier, Pierre-Jean Ruff, surtout Jean-Claude Barbier … et j’espère en rencontrer d’autres qui m’enrichiront de leurs idées et expériences.

J’ai aussi écrit en donnant mon point de vue en respectant celui des autres. J’essaie avec eux de lutter pour un monde plus juste et plus fraternel sans se sentir prisonnier d’une « boutique cléricale ». Il n’y a pas d’âge pour cela ; j’ai maintenant plus de 90 ans et je voudrais dire aux personnes âgées comme moi de ne jamais désespérer : « A tous ceux qui se plaignent ou qui se résignent/ A la guerre, au racisme, aux pauvres méprisés / Qui disent « C’est trop tard » … une seule consigne : / Me copieront cent fois « Mieux vaut tard que jamais » !

Libres propos : "Emile Mihière, l’unitarien" par Jean-Claude Barbier

N’est-il pas abusif de qualifier un auteur d’unitarien dès lors qu’il contribue, par des textes, aux bulletins de la Correspondance unitarienne ? Il convient en effet de rappeler d’abord qu’Emile Mihière fut prêtre du diocèse de Marseille et particulièrement proche de ses collègues prêtres ouvriers, puis pasteur protestant frayant avec ses collègues libéraux ; sans oublier ses contributions écrites pour la Libre-Pensée. Nous maintenons toutefois ce qualificatif d’unitarien pour les raisons suivantes :

Dans la mouvance protestante libérale, c’est vers des anti-trinitaires connus qu’il a eu manifestement le plus d’affinité, le « coup de foudre » pour reprendre sa propre expression ; citons Pierre Jean Ruff, Pierre Bailleux et Roger Parmentier. En plus, sans être lui-même franc-maçon, il est de cette génération des unitariens francs-maçons (Albert Blanchard-Gaillard, Pierre Bailleux, Jacques Cecius, etc.) qui firent beaucoup pour le développement de cette mouvance en France et pays voisins. Il en a l’âge mais aussi ce regard critique sur les religions qui fait la marque de l’unitarisme français. Je dirai même que, dans cette mouvance unitarienne, il est en sympathie avec l’unitarisme-universalisme avec son ouverture à toutes les religions et aussi à l’athéisme.

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Published by la Correspondance unitarienne - dans CU 2013 - articles
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