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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 13:40

à propos de son livre "Tous les chemins mènent à Rome", Paris, L'Harmattan, 2012

 

Jean-Claude Odier, présentation aux éditions L’Harmattan -  
Notre collègue a écrit sa biographie à la demande de ses enfants et de ses amis. Né à Marseille en 1922, « quel con ! », lui dit un camarade quand il entra au séminaire. Le ton est donné au livre. Il ne restera pas longtemps « fonctionnaire de Dieu ». Rome supprime les prêtres-ouvriers en 1954. C’en est trop pour cet homme ancré à Gauche [ndlr – plutôt ayant évolué vers]. Il s’éloigne des dogmes de l’Eglise. Dénoncé à Rome, c’est la rupture. Il épouse une de ses catéchistes et part pour Genève et sa faculté de théologie protestante ? Naissance des deux premiers de leurs trois enfants. Après une paroisse en région parisienne, ce sera la Mission populaire à Saint-Nazaire puis à Marseille. Aumônier de prison aux Baumettes, il en sort au bout de 9 mois. C’est un contestataire. Le voici en paroisse à Pau et Oloron. Pour 17 ans. Sa femme meurs. Retour à Marseille et Aubagne. […].
On découvre ensuite Emile Mihière à travers des articles qu’il a publiés. Son pacifisme militant l’a poussé à écrire entre 1990 et 1994 dans « L’Union pacifiste de France ». Thèmes : césaro-papisme, élaboration de la théorie de la guerre sainte, phénomène de la violence et soif de pouvoir. « Face à l’obéissance inconditionnelle qui maintient le désordre établi, nous proposons non la simple désobéissance un peu trop négative, mais l’imagination », écrit-il. Il présente des personnages comme Constantin, Napoléon, Jean Jaurès. Dans « Evangile et Liberté » et « Ensemble », c’est le tenant de la théologie libérale qui s’exprime entre 1970 et 1985. Phrases chocs : « La question du sacré me pose une sacrée question », « Nous sacrifions l’homme pour sauvegarder la religion », « Méfie-toi toujours de l’homme qui a son Dieu dans le ciel ».
Pas anodin, ce livre décapant se termine avec le testament spirituel d’une amie agnostique : « Je n’écris sur ce Mémorial que la seule parole de Jésus qui peut faire notre unité : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’ ».
Olivier le 2 février 2011 – Quelle joie de mieux connaître ton parcours si exceptionnel et si bien raconté. Je me suis régalé en le lisant non stop en ce qui concerne le récit de ta vie. Et en plus, je m’y suis parfaitement retrouvé bien que tu sois plus âgé que moi ! Toute ma jeunesse, j’ai entendu les mêmes discussions sur le qu’en dira-t-on. Je peux te dire que chez les protestants c’était bien la même chose que chez les catholiques ! En plus, j’avais des ami(e)s juifs, le comble ! La terreur de ma mère, certainement très influencée par les campagnes antisémites de l’époque contre lesquelles je m’insurgeais. Si j’écrivais mes mémoires aujourd’hui, je pourrais faire un plagiat parfait en remplaçant catho par parpaillots ! Bon quoi, je me suis régalé …
Et quel parcours ensuite : bravo !
Marc et Simone V., Le Fleix, 8 avril 2011 - Quelle bonne idée as-tu eue de retrouver et d’exhumer ces « vieux » écrits qui continuent à nous interpeller !
Vincens Hubac, pasteur ERF au Foyer de l’âme à Paris, recension du livre dans Evangile et Liberté, n° 258, avril 2012 – Un livre assez court mais un moment de fraîcheur, d’histoire, de « parler vrai ». En quelques pages, à travers sa biographie qui se lit comme une aventure, Emile Mihière nous transporte du catholicisme au protestantisme en passant par les calanques de Marseille, les Alpes, le séminaire, les camps de prisonniers de guerre, les engagements politiques, et toujours l’action en faveur des plus démunis. Emile Mihière est devenu pasteur protestant au service d’une Eglise qui témoigne et s’engage, prend des risques, celle qui est vivante, joyeuse, pleine d’espérance. C’est ce que développe la deuxième partie du livre qui regroupe une collection de ses articles. Tous les chemins ne mènent pas à Rome est un vrai témoignage que l’on dévore facilement.
Roger Parmentier, le 24 avril 2012 – Sois chaleureusement félicité pour les beaux textes de ton livre et d’avoir vécu pareil itinéraire. Il t’a fallu le cran d’un montagnard chevronné pour y parvenir et pour continuer sans baisser les bras. Je viens de le relire soigneusement d’un bout à l’autre et je me suis régalé comme on dit ici… […] En toute amitié solidaire.
Mme G. – J’apprécie beaucoup certains passages, tellement vrais.
Pierre A. – J’ai appris par ton livre un tas de choses sur toi que je ne connaissais pas, bien que nous nous rencontrions souvent. Ta modestie vraie ! Ta « conclusion » avec ton évocation de Mlle E. , cette belle figure qui nous a marqué, est éminemment symbolique de ton rapport aux autres et à la vie. Merci encore.
Alain C. – Eh bien, jamais je n’ai eu sous les yeux un cheminement de pensée, une hiérarchie des valeurs, des prises de position, aussi proches de ce que je ressens depuis toujours. En effet, dès mon adolescence, j’ai bien compris que la trace commune de tous les peuples colonisés était l’humiliation et que le statut de colonisé n’était pas éternel. Aussi, dès l’âge de 16 ans, je participais au soutien des objections de conscience ayant leur procès au fort Saint-Nicolas à Marseille. Et cela s’est poursuivi par pas mal d’engagements et notamment de nombreuses années au conseil d’administration de Terre des Hommes, association d’aide au développement.  […] Je regrette vraiment de te redécouvrir bien tardivement, mais la lecture de ton livre reste pour moi un grand moment d’harmonie intellectuelle partagée.
Marcel – Emile Mihière … déclinaisons (poème) : Emile Mihière / Emile, c’est Milou / Mi-loup, mi hère / quel est donc cet être curieux, unique / résultant assurément d’un croisement diabolique ? / (tant pis pour la religion) / ce ne peut être qu’un original, un inclassable / de toutes façons, ne faisant pas les choses à moitié, / un « mi » ne lui convient guère / sa vie témoigne d’une longue errance / errance ? errer ? hère ? / le pauvre hère a longuement erré / d’aventures en aventures / agrandissant toujours son aire d’action au fil des ans / jusqu’à ce qu’elle devienne universelle. / Si par chance vous croisez sa route / vous aurez mis dans le mille. / Et mille (encore lui) bravo pour ton bouquin.
Mireille -  […] Comme tu le préconises dans ton livre, je te livre, avec une sincérité totale, toutes mes pensées et sentiments, engendrés par sa lecture. Je ne savais pas qu’il m’apporterait autant. Parfois, entre amis, tu fais part de certaines pensées justes et bien exprimées, mais souvent l’heure est à la rigolade et nous passons à autre chose ; c’est une erreur, tu peux nous apporter beaucoup. Comme tu aimes nous parler de ton côté provocateur, je t’imaginais en « bon petit diable » (un comble !), empêcheur de tourner en rond, avec peut-être un léger sentiment d’orgueil pour ton personnage, sentiment tout de suite apaisé par l’humour et l’ironie que tu portes à ta personne. J’ai compris à la lecture de ce livre qui tu étais vraiment […]. Enfin, j’ai pu relier entre eux les différents épisodes de cette vie peu banale.
Entrée dans tes pensées et convictions ; elles naissent d’une curiosité, d’une intelligence vive, et d’une analyse juste des faits, et sont argumentées par des citations qui montrent une grande culture et qui sont toujours bien choisies. Certaines m’étaient connues, mais d’autres non, et m’ont ravie.
Intéressant pour moi, l’historique que tu as fait sur la position de l’Eglise vis-à-vis de la guerre, ton analyse et tes conclusions […].
Ton livre se lit rapidement, non pas parce qu’on survole, mais au contraire parce que l’on est porté par un grand intérêt du début à la fin.

 

Ajout du 23 juillet 2013 :

Présentation de son livre « Tous les chemins ne mènent pas à Rome » par Antoine Nouis dans l’hebdomadaire « Réforme » n° 3251 du 11 juillet 2013 : "Un pasteur haut en couleur".
Emile Mihière, dit « Milou », est un pasteur retraité haut en couleur et en impertinence. Il propos un petit livre qui croise des éléments de son parcours avec des textes qu’il a rédigés pour Evangile et Liberté, mais aussi pour l’Union pacifiste de France et La Libre pensée. Il introduit cette série d’articles par ce bel avertissement : « Ami lecteur, si par chance tu existes, merci d’être là ; sinon, ma bouteille à la mer continuera à tanguer sur les flots de l’Humanité au milieu des galères ».
Revenons à sa biographie. Né à Marseille d’une famille qu’il décrit ainsi : « Mes parents étaient des commerçants travailleurs, économes et pieux. De Droite naturellement, et même surnaturellement », il raconte une enfance marquée par le décès de son père mort de la tuberculose après avoir été gazé dans les tranchées de la Grande guerre, puis son entrée au séminaire : « Je restais dans l’infantilisme par rapport à la sexualité et à la politique. La voie ouverte, la meilleure pour un gars généreux et désireux d’être utile, était le sacerdoce ».
Marqué par de longues années de captivité, il devient prêtre après la guerre mais sa foi en l’Eglise s’est trouvée écornée par l’interdiction des prêtres-ouvriers en 1954 : « Rome admet des prêtres-militaires, des prêtres-escrocs, des prêtres-espions, des prêtres-patrons, mais des prêtres-ouvriers, pas question ! ».
Il quitte l’Eglise [catholique] et rencontre un ami qui lui parle de la faculté de théologie protestante. Il se marie et devient pasteur … à la Mission populaire à Saint-Nazaire, puis à Marseille où il réussira l’exploit d’être limogé de son rôle d’aumônier des Baumettes. Il finira son ministère à Pau. Un pasteur original et attachant … un témoin.

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Published by la Correspondance unitarienne - dans CU 2013 - articles
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