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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 11:50

A l'initiative de Giacomo Tessaro, un débat a eu lieu sur le thème :  " Un credo pour le christianisme unitarien est-il possible ? " dans le cadre d'un forum animé par nos amis italiens. Ce texte est paru le 22 octobre 2010 sur l’ancien site de la Congregazione Italiana Cristiano Unitariana (CICU), dont l’auteur est membre, sous le titre « Un possibile Credo Unitariano »..Nous l'avons reproduit en article à la Une de notre bulletin de la Correspondance unitarienne n° 113, de mars 2012, suivi des échanges qu'il a suscités. Ceci dans le cadre d'un numéro spécial sur l’unitarisme en Italie (lien).


La question d’un credo pour les chrétiens unitariens avait déjà été posée par un jeune britannique, Matt Grant, dans un article de 2005 The Unitarian Christian Shahada ? ”, The American Unitarian , Quarterly Journal of the American Unitarian Conference (AUC), volume 4, n° 1, mars 2005 ( lien). Cet article fut traduit en français par Noëlle Colle (alors présidente de l’AFCU) et publié comme article à la Une du bulletin n°100 de la Correspondance unitarienne de février 2010 : « Un shahada pour les chrétiens unitariens ? », puis mis en ligne dans La Besace des unitariens le 29 janvier 2000 (lien), 


giacomo_tessaro_portrait_2011.jpegGiacomo Tessaro :


Je crois à Celui Qui a créé l'Univers, appelé de beaucoup de façons différentes selon les lieux et les temps ; je crois qu'Il coïncide avec le Dieu des religions monothéistes, qu’Il est la source des dieux des conceptions polythéistes ; je crois qu'Il comprend l'Idéal de beaucoup de philosophies humanistes, même quand Il est refusé.
Je crois qu’il n'est pas possible de penser à quelque chose de bon dans la Création dont Il ne serait pas la Source première et qu’on ne pourrait pas ramener à Lui. Je crois que le mal dérive seulement de l'Homme quand le mal est choisi en connaissance de cause ou non, puisque l'Homme, en général, est doué de libre volonté totale et peut donc choisir de faire du bien ou du mal, l'un et l'autre presque sans limite.
Je crois à l'enseignement de Jésus-Christ, le plus ardu et exaltant proposé dans l'Histoire. Je crois que cet enseignement est valide et utile pour les hommes de chaque temps, et que, pour les hommes de chaque temps il est très difficile à mettre en pratique. Mais je crois que s'engager à pratiquer les enseignements de Jésus donne une vraie liberté et assure un progrès individuel et social.
Je reconnais être né et avoir grandi dans un temps, un lieu et un contexte marqués, d'une façon ou d'une autre, par la présence de Jésus et par son enseignement, bien que celui-ci ait pu être déformé. Je reconnais Jésus, non seulement Maître universel, mais aussi patrimoine culturel ancestral de la société où je vis. Je m'estime donc heureux d'avoir connu notre Maître dès mon plus jeune âge, même si c’est d'une façon que maintenant j'estime peu valide. De toute façon, j'admire la diversification du monde chrétien, signe de richesse et non pas de scandale.
Mais je crois que chaque culture, même la plus isolée et la moins sophistiquée, a quelque chose à dire sur le mystère de la Réalité ultime, dans les façons de penser et le langage élaboré au cours des génération. Nombre de ces cultures ont élaboré de grandioses mythes et d’imposants systèmes religieux et philosophiques, toujours enrichis grâce aux contacts avec les cultures voisines. Il est évident que l'Esprit de Dieu, la Ruah qui a créé le Monde, a soufflé abondamment dans tout ce monde, en s'harmonisant avec la pensée de chaque société et en obligeant chacune d’entre elles à reconnaître l'existence de la Réalité ultime. En conséquence, je désire mieux connaître les réalités religieuses de notre monde afin de pouvoir y tirer de l'inspiration, à la gloire de l'Eternel.
Je crois à l'Esprit de Dieu, créateur et innovateur dans sa liberté absolue. Je crois qu'Il souffle sur toutes les créatures en déposant en elles les germes du Bien et de la connaissance de Dieu, sans s'opposer à la personnalité et aux inclinations de chaque homme. L'on peut ressentir cela, d’une façon particulière, dans les moments individuels et communautaires de prière et de recueillement.
Je crois à la liberté, réalité créée par Dieu et que chacun est invité à reconnaître pour lui-même et surtout pour son prochain, que celui-ci soit homme ou animal, et ceci malgré les déformations que l'idée de liberté a pu subir. Je crois que Dieu nous appelle à promouvoir la liberté au niveau social et religieux. Pour cette raison je crois à une religion libérale, qui cherche à sortir des abus de maintes institutions religieuses, en promouvant la dignité de tout le monde.


michele_moramarco_portrait.JPGMichele Moramarco


L'idée que le mal soit réductible à la volonté ou aux pulsions humaines me semble tout à fait limitative ; malheureusement, il y a eu un courant de ce genre dans l'unitarisme (l'idée « libérale » selon laquelle chacun peut se faire son credo est récente ), mais cela n’est sûrement pas la vision originaire et authentique d'une foi qui prend au sérieux le témoignage de Jésus et de Paul sur les « puissances » et sur le « Prince de ce monde ». Les écrits d'Umberto Pagnotta offrent une lecture, dans un langage « dynamique », de cette vision.


alessandro_falasca.jpgAlessandro Falasca


J'apprécie la profondeur de ce texte de Giacomo comme l’expression d'un cheminement spirituel personnel. Mais je ne suis pas sûr de la nécessité, pour les chrétiens unitariens italiens, d'un « credo » , alors qu’une définition plus précise de sa propre identité me semblerait indispensable pour les unitariens-universaliste. En ce cas, de toute façon, on a besoin d'un travail collectif, bien sûr à partir d'une ébauche initiale ; cette ébauche ne me semble pas mal du tout.
Le passage sur lequel moi aussi je suis perplexe, c'est sur la genèse du Mal. Ramener le Mal entièrement à l'incorrect usage de la liberté humaine est en contradiction avec notre identité unitarienne. Nous avons en effet refusé le Péché originel, c'est à dire l'idée d'un être humain coupable de nature, étant donné que c'est le libre choix même qui caractérise la nature humaine. De plus, cela me semble une solution insuffisante pour deux raisons :
1) le « mal physique », c'est à dire les tremblements de terre, cataclysmes, maladies, épidémies, etc., dont l'être humain est bien peu coupable ;
2) l'existence de « puissances et structures du Mal » (en utilisant le langage des principes et résolutions des unitariens-universalistes) qui dépassent la volonté de chacun, car ils résultent des hasards de l’Histoire accumulant les fautes et les transformant en injustices durables.
Je serais plutôt d'accord avec le théologien David Bentley Hart en affirmant que le Mal et la souffrance naissent de l'interaction complexe entre les forces que Dieu a créées au service d'un être humain libre et de l'exercice d’une telle liberté humaine. Les expériences douloureuses peuvent avoir des genèses les plus diverses, mais interpellent Dieu ou l'Homme en cause ex-post, c'est à dire qu’en acceptant la souffrance comme partie d'un parcours de croissance, en instaurant une interaction entre l'humain et le divin, on peut transformer la souffrance en une occasion pour obtenir du bien.


roberto_rosso_portrait.JPGRoberto Rosso


Oui Alessandro, tu as raison. Je pense également que le travail de Giacomo a été très bon, mais je crains aussi que l'utilisation du mot « credo » en ce contexte ne soit trop forte. Sur le problème du Mal je suis d'accord avec vous pour la nécessité d'un débat. La proposition de Hart (et la tienne) me semble en effet plus partageable, avec deux éclaircissements : 1) que les forces que tu cites soient créés au service du genre humain, me semble être une illusion ; 2) que la cause ex post soit non pas le divin, mais un faux dieu créé par la raison (comme un mauvais masque) et avec qui la raison puisse réglementer et juger.
Le Dieu que j'ai en mon esprit c'est, comme disait Nietszche, au delà du Bien et du Mal. J'ai foi dans la possibilité que la racine même de la réalité physique et de la réalité humaine soit le divin, et que ceci nous mène à terme au dessein global comme quoi c'est bon parce que c'est divin. Ce sur quoi je suis totalement sceptique, c'est la possibilité de l'Homme de comprendre le divin et de le juger …

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Published by La Correspondance unitarienne - dans CU 2012 - articles
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