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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 10:29

" Le christianisme est-il un ésotérisme ? ", par Jean-Claude Barbier, communication au groupe Yahoo Unitariens francophones, le 30 janvier 2010, article à la Une de la Correspondance unitarienne n°103, mai 2010.

Avec la construction trinitaire qui est un casse-tête chinois pour qui veut comprendre rationnellement ce qui nous est d’ailleurs finalement présenté comme "mystère", mais aussi avec tous les dogmes qui s'en sont suivis, le catholicisme, mais aussi la plupart des christianismes, sont devenus autant de forêts impénétrables aux non initiés. On ne s'en est pas rendu compte pendant très longtemps car le catéchisme (par exemple celui de Trente) donnait réponse à tout, par un jeu de questions / réponses, et touchait une grande majorité de gens par un maillage paroissial couvrant tout le territoire.

On aboutit à un véritable ésotérisme avec la coupure entre initiés (le clergé formé dans des séminaires) et les braves laïcs, avec des concepts abstraits et métaphysiques (donc invérifiables par les sciences), l'hyper développement d'une terminologie technique, et des arguties aussi emberlificotés qu’un delta de fleuve sinueux.

Aujourd'hui, où beaucoup moins de gens possèdent une culture chrétienne, cet ésotérisme éclate au grand jour. Le christianisme est devenu minoritaire, l'affaire de certains dont ce serait la lubie, qui croiraient encore bien naïvement à des choses « comme çà », à des légendes sans fondement historique et aux miracles, une voie particulière qui ne concerne plus les autres, qui n'est plus du tout comprise en dehors de son cercle de fidèles.

Les Réformes protestantes du XVIème siècle ont effectué un premier nettoyage, mais ont laissé bien des choses en place (le Péché originel, la Trinité, etc.). Pire, elles en ont ajouté de nouvelles : la Grâce "seule" et donnée avec parcimonie, la Bible sola escritura, la prédestination (reprise de saint Augustin et amplifiée jusqu'au délire par Calvin), etc.

Marre des religion qui, telles que des grenouilles, se prennent pour des boeufs ! se veulent des totalités englobant tout, ayant réponse à tout, dictant leurs ordres sur tout et à tout le monde.

On retrouve la même ambition avec d'autres systèmes totalitaires comme le marxisme-léninisme, de nombreux ésotérismes, certaines sectes (au sens d’une emprise totale avec diabolisation des autres courants de pensée et/ou de la société civile), etc. A noter que, bien que proposant une initiation, la franc-maçonnerie a somme toute versé dans la sobriété, surtout quand elle se limite à l'affirmation du GADLU et évite la mystique du Christ cosmique ou encore la supposée Fraternité blanche du temps d’Akématon Ier ; chez elle, l'inflation semble s’être portée sur le rituel et l'organisation interne.

Chaque fois, on nous propose un jargon à apprendre ; çà fait savant et les "étudiants" ont le vif sentiment, à peu de frais intellectuel, d'appartenir à une élite. M'envoyer vite fait bien fait tout ce beau monde sur les bancs des universités, publiques ou reconnues ! C'est là tout l'enjeu des programmes scolaires portant sur les religions, sur leur connaissance objective et comparée, sur leur dimension culturelle, loin des catéchismes.

J'apprécie le fait que l'unitarisme n'ait pas de prétention au niveau d'un corpus de connaissances qui lui serait propre : toute simplement nous tenons compte des progrès scientifiques, de l'exégèse moderne de la Bible, de l'évolution des consciences, etc. A ce niveau, nous n'avons rien à dire de spécial. On se demande d'ailleurs bien pourquoi nous avons quelques (mais toutefois rares) catéchismes historiques (lien ) !

Serions nous donc des pauvres en connaissances, des minimalistes ? Ainsi les Pères de l'Eglise du IIème siècle jugeaient-ils les ébionites (communautés résiduelles du judéo-christianisme du siècle précédent, qui ne lisaient que le Matthieu araméen et qui considéraient Jésus comme prophète et non comme un dieu).

 

Il nous reste la spiritualité, l'éthique, la morale et puis une formidable possibilité de fraternité avec les autres dès lors qu'il n'y a plus l'obstacle des dogmes, des vérités particulières à préserver, à affirmer, à imposer, et autres fatras : cela s'appelle la liberté d'aller vers son prochain, pour reprendre un mot cher aux évangiles.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans CU 2010 - articles
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