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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 06:40
"Des intellectuels pour repenser le christianisme" par Jean-Claude Barbier (chrétien unitarien, Bordeaux), article à la Une dans la Correspondance unitarienne d'avril 2010 (n° 102)

Ce n’est pas un hasard si le christianisme est devenu une grande religion internationale et qu’elle le reste. Elle a eu en effet les élites intellectuelles qui lui ont permis de se construire et d’apporter un nouveau message sur le marché des religions, à commencer par la formulation de son premier kérygme, celui de la Pentecôte (1), puis pour accompagner son universalisation hors du giron du peuple juif avec entre autres les épîtres de Paul, enfin pour rapprocher l’homme de Dieu grâce à l’amour mystique si bien exprimé par l’école johannique d’Ephèse (2). A partir du IIème, ce fut la mise en place d’un système total, englobant, par les Pères de l’Eglise grecque, avec le choix d’un canon, l’élaboration d’un credo, et la mise en place du dogme trinitaire sur le modèle des triades indo-européennes (3).

(1) par une mise en relation entre la découverte du tombeau vide et les textes messianiques ainsi que nous l’expliquons dans une série d’articles publiés à la rubrique « le tombeau vide » de nos Etudes unitariennes
(2) sublime intimité avec Dieu devenue possible dans le cas du christianisme naissant grâce à un Jésus dit ressuscité et qui est vécue dans toutes les autres religions par les mystiques.
(3) voir notre article « La trinité chrétienne est une triade » (article à la Une de la Correspondance unitarienne n° 88, février 09) publiée à la rubrique « La Trinité est une triade indo-européenne ». Il y a alors le passage d’une présentation ternaire : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, à une véritable triade où les trois figures fusionnent en une seule existence et destin.


Il a eu également, au XVIème siècle, au temps des Réformes protestantes, des élites « humanistes » pour rappeler les vertus évangéliques et demander que cette religion se rectifie en conséquence ; puis des chrétiens qui prirent en compte les progrès de la Raison et des sciences à commencer par le théologien et médecin espagnol Michel Servet (1511-1553), le théologien Faust Socin, qui en 1605 formalisa le célèbre catéchisme unitarien de Rakow (en Pologne), les unitariens anglais du Siècle des lumières (comme le pasteur et chimiste Joseph Priestley qui finit sa vie immigré en Pennsylvanie en 1804), les exégètes de l’Ecole allemande dans les années 1830 et l’émergence d’un protestantisme libéral ; enfin, côté catholique, pour se mettre à l’heure du Monde avec le grand concile que fut Vatican II (11 octobre 1962 – 8 décembre 1965).

bandeau-blogs-religion-gaulmyn.jpgbandeau du blog "Religion Gaulmyn"

Chaque fois, des membres du clergé séculier ou religieux ont suscité des débats. En Grande-Bretagne, puis aux Etats-Unis, ce furent des pasteurs qui, du haut de leur chaire ou dans les séminaires, ont fait évoluer le calvinisme vers le socinianisme, puis vers l’arianisme, enfin vers l’unitarisme. Encore aujourd’hui, le protestantisme libéral s’appuie sur une partie du clergé protestant réuni en France autour de la revue Evangile et Liberté et des Journées annuelles du protestantisme libéral que cette revue organise. Côté catholique, certains ordres religieux, réputés « intellectuels » comme les jésuites et les dominicains, sont à l’initiative d’interrogations posées au sein d’une Eglise conservatrice où les débats officiels sont quasi inexistants, les synodes étant réduits à de simples consultations sur des thèmes on ne peut plus généraux.

Pourtant, nombre d’érudits de la Renaissance, engagés dans les Réformes (y compris dans les milieux catholiques), furent des laïcs. Plus récemment, les mouvements d’action catholique ont formé une vague générationnelle, aux multiples engagements temporels, contestataire et réformatrice. Elle a assuré une formidable présence de l’Eglise catholique au monde que Vatican II a officialisé. Mais en dehors de témoignages tout à fait remarquables, les avancées purement théologiques n’ont guère été significatives. Il en est de même pour la vague plus récente des mouvements charismatiques qui renouvelle assurément les formes d’expression mais véhicule les formules pieuses les plus éculées.

Finalement, ce sont des électrons libres qui se retrouvent aujourd’hui le plus en pointe. C’est du côté d’un mathématicien devenu berger en Drôme provençale, Marcel Légaut (1), qu’il y eut une réflexion, bien en marge du réformisme de Vatican II, sur notre relation personnelle et vécue à Jésus et à Dieu. De même, c’est un ancien bénédictin retourné à l’état laïc, ayant une formation scientifique, Michel Benoît (2), qui, en France, mène le combat pour que nous révisions fondamentalement notre façon de penser le christianisme à partir de son message initial, celui des évangiles, et d’un travail d’exégèse historico-critique absolument nécessaire si l’on veut retrouver, enfin, le Jésus historique – celui que connurent ses disciples - et nous libérer des mythes qui fondèrent la chrétienté (mais non le vrai christianisme !). Citons aussi la Libre pensée chrétienne (3) qui, à partir d’une demande de re-formulation des dogmes émise par l’abbé belge André Verheyen (1925-2007), poursuit une réflexion pour une re-formulation du christianisme par un discours plus actuel, plus crédible, plus audible. Il faudrait aussi citer tous les textes de grande qualité et d’auteurs divers qui circulent au sein de réseaux grâce aux messageries électroniques et sur Internet (4).

(1) voir le site de l’Association culturelle des Amis de Marcel Légaut intitulé « l’Homme à la recherche de son humanité » (grâce à l’enseignement de Jésus). Au sein de cette mouvance, le réseau « Jésus simplement » prône une théologie tout à fait unitarienne comme sa dénomination l’indique.
(2) voir son site personnel
(3) voir le site du mouvement (LPC)
(4) voir par exemple la quinzaine de mouvements belges regroupés au sein de la fédération « Pour un autre visage d’Eglise et de société » (PAVES) (lien) ou la cinquantaine de mouvements français regroupés au sein de la « F
édération des réseaux d
es Parvis » (lien)
à suivre ...

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Published by La Besace des unitariens - dans CU 2010 - articles
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