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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 11:59

Charles-Henri Matile, Neuchâtel (Suisse), message du 29 mars 2012 :


Merci de m’avoir permis de faire connaissance avec cet extraordinaire Ferdinand Buisson dont j’ai lu le manifeste de 1969 avec attention (lien), ainsi que divers événements de sa vie sur le site de La besace unitarienne.


Il a donc enseigné, très jeune, à l’académie de Neuchâtel, à 10 km de chez nous, de 1866 à 1870. Son manifeste est un modèle de clarté et de bon sens et, ce qui m’a le plus frappé, c’est qu’il contient tous les ingrédients de l’unitarisme, mais si le terme même n’y apparaît jamais !


Le site de la Faculté de théologie de l’université de Neuchâtel (unine.ch) fournit quelques éléments des péripéties de l’Eglise protestante neuchâteloise (lien). Séparation donc peu après 1870 en une Eglise dite nationale avec des pasteurs payés par l’Eglise/Etat et une Eglise dite indépendante avec des pasteurs payés par les paroissiens. Chacune ayant sa propre faculté de théologie à l’Université (Académie). Je pense que l’activité déployée par F. Buisson et autres a nécessairement joué un rôle dans cette séparation.


Ce qui me surprend davantage, c’est que la nouvelle Eglise indépendante n’était, déjà à ses débuts, pas si libérale qu’on pourrait le croire. Pourquoi ? Probablement parce que les idées de Buisson ont mieux convaincu sur le plan socio-politique que sur le plan théologique. Peut-être que les gens n’osaient pas souscrire à une telle verve, si louable fut-elle ! Il faut aujourd’hui prendre la relève pour sauver ce qu’il reste du christianisme.


charles-henri_matile_et_ses_petits_enfants.JPGJe n’en sais pas assez pour savoir quelles franges de la population se partageaient les deux églises. Ma mère venait d’une famille ouvrière rattachée à l’Eglise nationale, mon père, maître boucher-charcutier de son état, venait d’une famille d’indépendants rattachée à l’Eglise indépendante ! Un milieu certes respectable, mais pas suffisamment intellectuel pour parler théologie à la maison. C’est d’ailleurs pour cela que je me sens, en dépit de quelques études, plus près de ma terre que de l’intellectualisme. C’est aussi pour cela que je n’aime pas voir mes petits-enfants, que j’aime beaucoup, avoir peur de se salir les mains. Je leur explique parfois que les mains sont quelque chose qui se lave très bien !


Au temps de ma jeunesse, nous allions plutôt régulièrement au culte parce que la majorité en faisait autant, sans se poser trop de questions. De même que tous les enfants allaient aux leçons de religions. J’ai  retrouvé mon acte de baptême : le 16 mai 1943, quelques semaines avant la fusion, en la chapelle indépendante de Cernier, le village voisin, alors que la paroisse de Fontainemelon, paroisse nationale, avait un temple offert en 1902 à la commune par une riche famille d’horlogers. Au bas de l’acte, dans un coin, le pasteur de Fontainemelon a ajouté : « Baptême inscrit sur le registre de Fontainemelon : Borel, pasteur ».
Et juste après eut lieu la fusion et la victoire de l’orthodoxie, barthiste notamment. Pourquoi ? Sans doute parce que les gros poissons finissent par manger les plus petits.


Cependant, si on ne parlait pas de théologie, mes oreilles se souviennent fort bien avoir entendu mon père pester contre les pasteurs de l’Eglise nationale, avec des remarques du genre : de notre temps, on payait le pasteur et il travaillait, il faisait des visites régulièrement, mais maintenant, etc.


C’est dommage que ce petit canton de 800 km2 et de 170 000 habitants actuellement n’ait pas mieux écouté Ferdinand Buisson. ! Mais bon, le bas du canton, avec Neuchâtel, bourgeoise et un peu guindée comme souvent les chefs-lieux, préféra s’en tenir aux vérités de la « vénérable classe » des pasteurs, tandis que le Haut, avec la Chaux-de-Fonds horlogère et populaire, avec des socialistes trop mécréants pour apprécier même le discours d’une Eglise libérale. Contexte très compliqué.

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Published by Charles-Henri Matile - dans sur le protestantisme libéral
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