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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 16:13

Aux Etats-Unis d’Amérique

L’universalisme d’Elhanan Winchester spécifiait qu’après la mort il y avait une période d’attente avant d’être complètement sûr d’être sauvé ; au contraire, l’universalisme de John Relly (1722-1778), un ancien méthodiste irlandais, garantissait que l’on était sauvé au moment de la mort. L’un des disciples de Relly fut John Murray (1741-1815) ; il laissa ses soucis et ses dettes derrière lui dans l’Ancien Monde, atterrit en Amérique à la Baie de la Bonne chance, dans le New Jersey, en 1770. On considère Murray comme le fondateur de l’universalisme américain. Pendant de nombreuses années on trouva les deux types d’universalisme dans cette dénomination. Plus tard, Hosea Ballou (1771-1852), auteur du Traité sur l’expiation, introduisit l’usage de la raison dans la religion chez les universalistes et les influença vers l’unitarisme.

Venus de différentes couches sociales, contrairement aux unitariens de La Nouvelle Angleterre, conscients de la leur, les universalistes étaient, en Amérique, un mouvement religieux libéral organisé, plusieurs années avant les unitariens ; avec eux, en 1961, ils formèrent finalement l’Association unitarienne-universaliste.

Thomas Starr King (1824-1864), un universaliste au service d’une congrégation unitarienne, fut aussi crédité d’avoir sauvé la Californie par son adhésion à l’Union (anti-esclavagiste) pendant la guerre civile américaine ; il saisit la différence entre les deux héritages : Les uns (universalistes) pensent que Dieu est trop bon pour les damner pour toujours ; les autres (les unitariens) pensent qu’ils sont trop bons pour être damnés à jamais ; mais cette parole est également attribuée aussi à Gold Appleton (1812-1884).L’unitarisme aux Etats-Unis d’Amérique

L’établissement des Européens sur la côte Nord-Est des Etats-Unis d’Amérique commença avec l’arrivée des Pères Pèlerins en 1620. Dans le Commonwealth du Massachussetts, seuls les membres de l’Eglise pouvaient participer au Gouvernement ; bien que théologiquement calvinistes, les Eglises strictement autonomes des congrégations des colons empêchaient qu’on leur imposât une déclaration de foi.

Comme en Angleterre et en Irlande, les puritains de la Nouvelle-Angleterre se divisèrent en deux courants , évangélique et rationnel (en Amérique appelés souvent libéral). L’un de ces dirigeants libéraux, Charles Chauncy (1705-1787), déclara en 1743 : il y a une religion de l’entendement, du jugement et de la volonté aussi bien que de l’affection, et si l’on fait peu de cas de la première, pendant qu’une grande tension nerveuse s’établit sur la dernière, il se peut que cela crée des désordres chez les gens.

Les convictions de Chauncy étaient très soutenues dans la région de Boston où le Collège Harvard avait été établi à Cambridge en 1721. Lorsqu’en 1805 un libéral, Henry Ware (1764-1845) devint professeur de religion, les tensions entre les évangéliques et les libéraux devinrent trop fortes et les évangéliques partirent créer leur propre séminaire à Andover. La Chapelle du Roi, à Boston, une congrégation épiscopale utilisant une liturgie modifiée semblable à celle de la chapelle d’Essex Street à Londres, devint unitarienne en 1782.

Durant les années 1790, plusieurs unitariens anglais, y compris Joseph Priestley, s’établirent plus au sud en Pennsylvanie. Mais les libéraux bostoniens évitaient d’être appelés unitariens. Ils trouvaient les anglais unitariens trop polémiques et leur compréhension de Jésus plutôt extrême.

En 1815, l’orthodoxe Jedidiah Morse (1761-1826) réimprima un pamphlet de l’unitarien anglais Thomas Belsham dans lequel cet auteur disait que les libéraux bostoniens étaient unitariens en fait, sinon d’appellation. Morse leur déclarait la guerre. Les Libéraux, disait-il, s’exposaient à se voir refuser la communion chrétienne.

Obligé de défendre la position libérale, William Ellery Channing (1780-1842) prêcha sur l’unitarisme chrétien lors d’une ordination à Baltimore, dans le Maryland, en 1819, prêche qui fut largement diffusé. Channing, dans son sermon, accepta finalement l’appellation unitarienne et définit les libéraux comme un parti prêt à défendre et à diffuser cette position.

Comme cela a déjà été mentionné auparavant, l’Association unitarienne américaine fut finalement organisée, apparemment par un coup de chance, exactement le même jour que l’Association unitarienne anglaise et étrangère, c’est à dire le 25 mai 1825.

Deux autres allocutions significatives indiquèrent la direction que les Américains unitariens allaient prendre. L’une fut L’allocution à l’école de théologie (1838) de Ralph Waldo Emerson (1803-1882), d’abord pasteur unitarien, puis personnalité marquante dans le groupe des écrivains transcendantalistes. Emerson ne tenait pas compte de la religion révélée et encourageait les gens à se mettre " par eux-mêmes en relation avec le divin ".

Une autre allocution fut celle de Theodore Parker (1810-1860) : Ce qui passe et ce qui dure dans le christianisme (1841). L’auteur y démontrait que l’enseignement des Eglises et des sectes passerait alors que l’enseignement de Jésus, pure religion et authentique morale, durerait toujours.

Le génie organisateur à l’origine du développement de l’unitarisme américain fut Henry Whitney Bellows (1814-1882), quelque peu conservateur en théologie. Utilisant son expérience acquise dans la Commission sanitaire des Etats Unis (Croix Rouge) aux côtés de l’Union (anti-esclavagiste) dans la Guerre civile américaine, Bellows créa la Conférence nationale des chrétiens unitariens (1865)

Pour certains, cependant, la Conférence fut trop conservatrice et deux ans après ils montèrent leur propre Association religieuse libre (1867) ; affirmant qu’un esprit universel agit dans toutes les croyances historiques, cette association trouva sa pleine justification, en 1893, au Parlement mondial des religions à Chicago.

Dans cette région de Chicago et dans le Centre Ouest, où la Conférence des Unitariens de l’Ouest avait été organisée en 1852, les unitariens se situaient fréquemment au-delà du christianisme unitarien qui était en faveur en Nouvelle Angleterre.

La nature radicale de quelques unitariens du Centre-Ouest se révéla à nouveau en 1933 quand quelques uns d’entre eux produisirent un Manifeste humaniste. Il affirmait que les hommes et les femmes trouvent en eux des ressources personnelles suffisantes sans recourir à des aides surnaturelles. Leur action fut à l’origine d’un débat tout au long d’une génération sur le contenu surnaturel de la religion.

Vers le milieu du XXe siècle, il devint apparent que les unitariens et les universalistes se dirigeaient vers une fusion. Quand elle se produisit en 1961, l’Association unitarienne-universaliste définit ainsi ses orientations : " Chérir et répandre les vérités universelles enseignées par les grands prophètes et les enseignants d’humanité de chaque époque et de chaque tradition, immémorialement résumées dans l’héritage judéo-chrétien comme l’amour de Dieu et l’amour de l’homme ".

En 1984, de nouveaux principes furent adoptés. Ils reconnaissaient la pluralité des sources où ont puisé l’unitarisme et l’universalisme ; sont reconnus par tous : des enseignements humains, une sagesse tirée des religions du monde, les paroles et les actions de femmes et d’hommes prophétiques, l’expérience directe du mystère de la transcendance et de l’émerveillement, aussi bien que les enseignements juif et chrétien sur l’amour du prochain comme nous-mêmes, comme une réponse à l’amour de Dieu.

 

La religion libérale dans d’autres parties du Monde

Les unitariens organisèrent d’abord des congrégations en Australie en 1810 et au Canada en 1811, conséquence de l’établissement d’Européens. Au Canada, les Irlandais, presbytériens non-souscrivants y participèrent.

L’Union unitarienne de l’Inde du Nord Est à Meghalaya (Khasi Hills) est un mouvement unitarien indigène créé par Hajom Kisor Singh, à partir de missions calvinistes galloises. Un petit groupe d’unitariens existe aussi à Madras, au Sud de l’Inde.

En 1921, Norbert Capek, qui mourut plus tard à Dachau, fonda la Fraternité unitarienne tchèque. En Allemagne on distingue deux groupes religieux : le plus ancien est constitué des congrégations de la religion libre, dans le Sud-Ouest, enraciné chez les catholiques comme chez les protestants, provenant de groupes dissidents qui naquirent du ferment menant à la Révolution de 1848. En Allemagne du Nord, les unitariens allemands, un mouvement né au XXe siècle, se rattache davantage à la culture traditionnelle philosophique européenne qu’au fond chrétien libéral unitarien transylvanien, anglais et américain.

Dans d’autres contrées d’Europe, les traditions liées à la non-souscription n’existent pas. La Fraternité des remonstrants en Hollande date de 1619, quand Jacob Arminius et ses continuateurs en " remontrèrent ", contre le renforcement des doctrines calvinistes. En France et en Suisse, les Eglises protestantes réformées ont des traditions libérales différentes.

Tous ces mouvements libéraux religieux sont représentés dans l’Association internationale pour la liberté religieuse (IARF), aussi bien des Eglises que des sociétés religieuses, ou des groupes de libéraux individuels dans d’autres mouvements religieux. l’IARF fut fondée en 1900 sous le titre de Conseil international des unitariens et d’autres penseurs et travailleurs religieux libéraux. Aujourd’hui c’est un forum inter-religieux, international, regroupant à la fois des chrétiens libéraux, ceux qui ont des racines dans les traditions protestantes libérales et, plus récemment, aussi bien des libéraux aux soubassement non chrétiens.

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Published by Andrew Hill - dans sur l'unitarisme
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