Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

Rechercher

Archives

Articles Récents

27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 16:10

Les unitariens en Angleterre et au pays de Galles

La Réforme en Angleterre et au pays de Galles fut moins rigoureuse que dans d’autres pays protestants. Ceux qui semèrent le trouble pour de plus amples réformes que celles entreprises durant le règne d’Henri VIII furent nommés puritains. Les puritains radicaux se séparèrent de l’Eglise d’Angleterre et furent appelés séparatistes. Les Puritains qui suivirent les Réformateurs du Magistère - en général Jean Calvin - et qui voulaient davantage de réformes dans l’Eglise d’Angleterre furent appelés presbytériens.

En 1648, le bref essor des presbytériens s’acheva. Ils obtinrent un traité spécial entre le Parlement anglais (alors en guerre avec le roi Charles Ier) et les autorités réformées d’Ecosse qui fut un essai pour introduire en Angleterre la parole de Dieu et l’exemple des meilleures réformes chrétiennes (Extraits de " La Ligue Solennelle et de la Convention "). A part quelques succès locaux à Londres et dans le Lancashire, l’entreprise échoua. Son principal héritage, toutefois, est La confession de foi de Westminster, le principal communiqué officiel du protestantisme réformé en langue anglaise.

A la Restauration de la monarchie en 1660, qui suivit la période du Commonwealth [de Cromwell], les presbytériens, avec à leur tête Richard Baxter (1615-1691), eurent de nouveaux de grands espoirs de mener à bien d’acceptables changements au sein même de l’Eglise d’Angleterre. Mais leurs espoirs furent totalement déçus quand, en 1662, à la suite d’un Acte d’Uniformité, environ 2 000 puritains du clergé furent remerciés à cause de l’obligation - à laquelle ils ne pouvaient se soumettre - d’utiliser Le livre de la prière commune .

A contre coeur, ces pasteurs non conformistes rejoignirent, en tant que dissidents de l’Eglise d’Angleterre, leurs collègues séparatistes. Vingt sept ans plus tard, en 1689, un Acte de Tolérance leur accorda, à eux et à leurs fidèles, la liberté de culte, mais pas de doctrine. Ceux qui en étaient exclus étaient les catholiques et les anti-trinitaires. Plusieurs congrégations qui plus tard devinrent unitariennes ont leurs racines dans ces événements.

Les principales sources de la pensée unitarienne en Angleterre et au pays de Galles sont la Bible anglaise et les écrits sociniens transmis du continent européen. les premiers unitariens vinrent des séparatistes. Bartholomew Legate et Edward Wightman, tous deux séparatistes, furent exécutés en 1612 comme hérétiques anti-trinitaires. Des copies du Catéchisme de Rakow furent brûlés à Londres en 1614. John Biddle (1615-1662), " le père de l’unitarisme anglais " et un traducteur du catéchisme racovien en anglais, profita d’un bref relâchement des lois contre l’hérésie (1651-1652) pour organiser la première congrégation anti-trinitaire en Angleterre et au pays de Galles.

L’ami de Biddle, Henry Hedworth (1626-1705), fut introduit auprès d’un unitarien transylvanien par quelques exilés polonais sociniens et devint la première personne à employer le mot " unitarien " dans l’imprimerie anglaise ; en 1672 il écrit : Je vais maintenant présenter au lecteur un petit aperçu de l’opinion de ces hommes au sujet du Christ, qui, pour se distinguer des autres, se nomment eux-mêmes unitariens.

Un peu plus tard au XVIIe siècle des points de vue sociniens apparurent au sein de l’Eglise d’Angleterre. Thomas Firmin (1632-1697), marchand anglais, aida les réfugiés sociniens et paya une série de tracts unitariens. Samuel Clarke (1675-1729), vicaire anglican, publia La doctrine des Ecritures sur la Trinité (1712) ; dans cet ouvrage il argumentait que l’honneur suprême devait revenir seulement à Dieu, le Père.

Le livre de Clarke fut largement lu, mais aussi parmi les non conformistes, et en 1719 les dissidents d’Exeter proposèrent à leurs amis de Londres de débattre de ce point de doctrine. Il s’ensuivit une scission très significative parmi les dissidents. A partir de cette date, les dissidents contre leur gré et les dissidents de leur plein gré, réunis par force ensemble en 1662, se réorganisèrent, à partir de leurs croyances et de leurs déclarations de foi, en souscrivants [en anglais, Subscribers] et non-souscrivants [à la confession de foi de Westminter]. Parmi ces non-souscrivants, les idées unitariennes gagnèrent du terrain.

Une scission similaire se produisit en Irlande où, en 1725, le synode général des presbytériens de l’Ulster réorganisa les non-souscrivants à la confession de foi de Westminster en un consistoire séparé.

A partir de là, le droit au jugement privé en matière de croyances religieuses, la libre d’adhésion à telle déclaration de foi ou à tel credo, fut d’une importance majeure pour l’héritage libéral. Pour les non-souscrivants, l’Eglise était une communauté " salvatrice ", pas une société pour ceux qui sont déjà " sauvés ". La mise en pratique du christianisme était préférable aux controverses doctrinales, et la croyance religieuse devait par dessus tout être  raisonnable .

Les non-souscrivants furent souvent appelés arminiens à partir des idées - populaires parmi eux - du réformateur hollandais Jacobus Arminius (1560-1609). Arminius, contrairement à Calvin, selon lequel Dieu ne veut sauver que le petit nombre, soutenait que l’opportunité d’être sauvé est offerte à tous. Pour les distinguer des dissidents évangéliques, ces non-souscrivants furent aussi appelés dissidents rationnels.

Certaines académies, ayant ouvert leurs programmes aux points de vue des dissidents, furent reconnues par le parti des théologiens qui les soutenaient. Les académies des dissidents rationnels  incluaient celles de Camarthen en pays de Galles, proche de " la tache noire " de Dyfed* et de Warrington en Angleterre. Toutefois, les dissidents restaient interdits à Oxford et à Cambridge,

* Ainsi appelée " tache noire " par certains anti-unitariens à cause des lieux où leurs adversaires étaient très prépondérants, concentrés à ce qui est aujourd’hui Dyfed, aux alentours de Llanybyther et du pont Stefan à Llanbedr.

Joseph Priestly (1733-1804), chimiste qui découvrit l’oxygène, était un pasteur dissident qui fut un certain temps précepteur à l’académie de Warrington. Né dans l’Eglise évangélique dissidente, Priestly fut l’un des nombreux convertis à la dissidence rationnelle ; par cette transition stimulante il fut amené à l’unitarisme. D’abord il ne se reconnut pas unitarien : il apprit cette appellation par Théophilus Lindsey (1723-1808), anglican à l’origine. N’ayant pu obtenir une dispense de non-adhésion aux 39 articles de foi, il résilia sa charge de vicaire de Catterick et, en 1774, il ouvrit la chapelle d’Essex Street à Londres au culte unitarien, utilisant une version unitarienne du Livre de la prière commune.

Pendant ce temps, Priestley, qui n’était pas le seul à soutenir les orientations politiques radicales de 1789, culminant dans la Révolution française, émigra aux Etats-Unis d’Amérique pour éviter l’oppression politique en Grande Bretagne et s’installa en Pennsylvanie. Il fut l’un des anglais unitariens à largement contribuer au développement du mouvement unitarien aux Etats Unis.

D’autres nouveaux venus de la dissidence rationnelle durant cette période furent Thomas Belsham (1750-1829) et, venus des baptistes et des universalistes, William Vidler (1758-1816) et Richard Wright (1764-1836) " le missionnaire unitarien ". Ces trois personnages participèrent au Fonds unitarien (1806), l’une des nombreuses sociétés travaillant à servir la cause unitarienne et à obtenir les droits civils pour les unitariens, droits finalement acquis en 1813.

Par coïncidence, l’Association unitarienne anglaise et étrangère, où les sociétés plus anciennes avaient fusionné, grâce aux efforts inlassables de Richard Asplan (1782-1845), fut organisée exactement le même jour que l’Association américaine unitarienne, le 25 mai 1825.

Quelques dissidents rationnels ne furent pas entièrement satisfaits des implications sectaires d’un tel zèle missionnaire. James Martineau (1805-1900) fut leur dirigeant. Alors qu’il était tout à fait normal pour des individus de s’appeler " unitariens ", Martineau trouva qu’il était tout à fait faux d’identifier sans équivoque des congrégations avec une telle position théologique. En 1836, il écrivit : " La raison est l’ultime appel, le tribunal suprême, au jugement duquel même l’Ecriture doit être conviée ". C’est ainsi que débuta un processus par lequel la base miraculeuse de l’Ecriture dans la théologie unitarienne de Lindsey et de Priestley, fut remplacée par de nouvelles affirmations basées sur la raison et sur l’intuition.

Le nouveau Collège de Manchester, succédant à l’académie de Warrington où la plupart des pasteurs était formé, se fixa à Londres en 1853. Martineau en fut le directeur. En 1896, le Collège déménagea une nouvelle fois à Oxford où il est maintenant appelé  Collège de Manchester [ndlr : et maintenant le Harris Manchester College].

Mais le déménagement du collège de Manchester provoqua la consternation parmi les unitariens de Nord Est de l’Angleterre ; ils décidèrent en 1854 de créer le Centre missionnaire des unitariens anglais, aujourd’hui le Collège unitarien de Manchester. Ce centre était une courageuse initiative pour relever le défi des nouvelles conditions sociales effroyables provoquées par la Révolution industrielle dans cette région. Mais il avait aussi comme but de former des pasteurs à partir de personnes tout à fait différentes de celles formées ailleurs ; provenant de la classe ouvrière, plus rapidement formés, ces pasteurs pourraient s’adresser directement à un nouveau type de congrégations unitariennes émergeant alors dans le Nord et l’Est de l’Angleterre. Les premières congrégations dans la région avaient été très revivifiées par l’intégration, durant les premières années du XIXe siècle, au sein de l’unitarisme anglais d’un certain nombre de congrégations isolées venues du méthodisme du fait des idées unitariennes de leurs dirigeants, ainsi que par un mouvement local similaire des Frères chrétiens [ndlr : est-ce l’ordre contemplatif de catholiques irlandais fondé en 1802 ?]

Le collège de Manchester, à Oxford, et le collège unitarien, à Manchester, sont aujourd’hui les deux principaux centres de formation théologique des unitariens anglais. Les pasteurs gallois sont formés à Aberystwyth. Les congrégations dont ils forment les pasteurs se retrouvent au sein de l’Assemblée générale des unitariens et des Eglises chrétiennes libres (1928), une fédération d’environ 250 congrégations réparties dans les agglomérations les plus importantes, ayant son quartier général à Londres, à Essex Hall, dans la rue de l’Essex, sur le site de la chapelle de Theophilus Lindsey, juste à côté du Strand.

Les presbytériens non-souscrivants en Ecosse et en Irlande

En Ecosse, la Réforme suivit le modèle réformé. Pendant que l’adhésion à La confession de foi de Westminster se modéra équitablement durant le XVIIIe siècle, et qu’une réaction s’établit contre une théologie qui, comme le faisait remarquer Robert Burns, en envoyait un au Paradis et dix en Enfer, aucun mouvement de non-souscription n’émergea. Les quatre congrégations unitariennes d’Ecosse, qui sont aujourd’hui affiliées à l’Assemblée générale des unitariens et des Eglises chrétiennes libres, ont diverses origines mais l’universalisme joua un rôle prépondérant dans leur développement.

En Irlande, particulièrement dans le Nord, où beaucoup d’Ecossais s’installèrent à partir du dix-septième siècle, le Synode général de l’Ulster en 1725 réorganisa les non-souscrivants à la Confession de foi de Westminster en un consistoire séparé, celui d’Antrim. John Abernethy (1680-1740), " le père des non-souscrivants" dirigea le mouvement. Il avait lu , de Samuel Clarke, La doctrine des Ecritures sur la Trinité.

Au XVIIIe siècle, en Irlande, le mouvement en faveur de l’adhésion à la Confession devint moins important ; c’est alors que la pensée d’un chrétien unitarien américain, William Ellery Channing (17800-1842) devint populaire. L’unitarisme de Channing était en quelque sorte moins polémique que celui de Priestley et des siens ; l’unitarisme de ce dernier ne prospéra jamais en Irlande.

L’unitarisme se développa si bien que le Synode général réagit en renforçant l’adhésion à la Confession. Henri Montgomery (1768-1865), le dirigeant du camp unitarien, se retira en 1830 avec les non-souscrivants du Synode général et forma le synode des Remonstrants * de l’Ulster. Ce synode des Remonstrants fusionna avec le plus ancien consistoire d’Antrim en 1910 pour former le groupe des non-souscrivant presbytériens de l’Eglise d’Irlande. Bien que cette Eglise soit légalement séparée, avec des traditions clairement différentes des Eglises de Grande Bretagne, ses Eglises locales font partie de l’Assemblée générale des unitariens et des Eglises chrétiennes libres.

* ndlr : en Hollande, les Remonstrants ou Arminiens s’opposèrent à la prédestination absolue de Calvin.

Les baptistes traditionnels et les universalistes en Grande-Bretagne. Les universalistes aux Etats-Unis

En Pologne et en Transylvanie, sous l’influence des réformés radicaux on abandonna, le baptême des enfants. Quelques anti-trinitaires, comme Faustus Socinus, rejetèrent le baptême sauf pour de nouveaux convertis au christianisme. D’autres étaient anabaptistes. Au Sud de l’Angleterre et dans certaines régions du pays de Galles il y a un groupe de congrégations unitariennes appelées parfois baptistes traditionnels. Ceux-ci croient que Dieu veut que tous soient sauvés. Ils doivent être distingués des baptistes réformés qui croient que Dieu ne sauve qu’un groupe d’hommes particulier. Différents des presbytériens anglais et de ceux du pays de Galles, qui étaient des dissidents malgré eux, les baptistes traditionnels ont toujours été séparatistes. Ils étaient très engagés dans la tolérance.

De 1670 à 1731, l’hérésie unitarienne de Matthew Caffyn fut à l’origine de débats incessants au sein de l’assemblée des baptistes traditionnels. 1802 fut l’année décisive de la scission : la moitié d’entre eux rejoignit le baptisme réformé tandis que ceux qui restaient s’orientèrent de plus en plus vers l’unitarisme.

La séparation survint lorsque William Vidler (1758-1816) devint membre de l’Assemblée. Sous l’influence de l’Américain Elhanan Winchester (1751-1797), Vidler avait adopté l’universalisme (doctrine qui assure que Dieu veut et garantit le salut à tous). Alors, sous l’influence de Richard Wright (1764-1836), Vidler devint aussi unitarien. Ensemble, Vidler et Wright devinrent d’ardents partisans du Fonds unitarien (1806). En conséquence, l’universalisme anglais, en tant que mouvement  séparé , fut éclipsé par l’unitarisme.

ndlr. Aujourd’hui, il y a deux branches du baptisme : le baptisme réformé (Particular Baptism) ; cette branche est basée sur la confession de foi de Londres (1689), et le baptisme traditionnel (General Baptism)

Partager cet article

Repost 0
Published by Andrew Hill - dans sur l'unitarisme
commenter cet article

commentaires