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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 16:05

A liberal religious heritage " par Andrew Hill, document non daté, ndlr : note de la rédaction (La Besace des unitariens).

 

Les unitariens et religieux libéraux centrent leur foi sur l’expérience personnelle, plus ou moins nourrie par les Ecritures et les traditions. Leur position religieuse s’est établie de deux façons :

D’abord en remettant en cause certains enseignements chrétiens (par exemple que Dieu est une Trinité de trois " personnes " à égalité ; ou que Dieu ne veut sauver que " le petit nombre " ; ou que les hommes sont dépravés par nature). Certaines dénominations en usage en découlèrent (par ex. les unitariens, les universalistes et les baptistes traditionnels).

Ensuite en distinguant l’essentiel du secondaire dans l’enseignement chrétien. Ceci fit davantage douter de l’utilité des croyances et des déclarations de foi. C’est ce que l’on appelle la non-adhésion (c’est à dire le refus de " souscrire " à des croyances ou à des déclarations de foi formelles).

Les débuts

Les racines historiques de cet héritage religieux s’inscrivent au plus profond de la Renaissance et de la Réforme en Europe. Centrée en Italie du Nord et atteignant son apogée au XVe siècle, la Renaissance fut un renouvellement remarquable de la culture et de l’enseignement. Au XVIe siècle, la Réforme, se construisant à partir des idées de la Renaissance, remit en cause quelques unes des hypothèses et des pratiques de l’Eglise catholique et perturba celle-ci dans certaines régions.

Il y eut en fait trois réformes différentes :

1) On appelle parfois la Réforme protestante la Réforme du magistère, parce qu’elle est associée à trois grand maîtres (magisterium) : Martin Luther (1483-1546) en Allemagne, Ulrich Zwingli (1485-1531) en Suisse, et Jean Calvin (1509-1564) à Genève *. Ces trois réformateurs n’avaient pas les mêmes idées sur la Cène, mais ils s’accordaient sur la nécessité du baptême des enfants et sur le fait que tout homme était sous l’autorité de l’Eglise et de l’Etat. Le protestantisme se développa en deux directions : le luthéranisme et le protestantisme réformé initié par Zwingli et Calvin. Ce dernier marque surtout nos mémoires aujourd’hui par sa doctrine de la prédestination : toutes les âmes sont " prédestinées " à l’enfer ou au paradis. Toutefois, dans la tradition libérale, on devrait se rappeler sa hauteur de vue au sujet de la suprématie de Dieu, suprématie qui devint un élément important pour ébranler la doctrine de la Trinité, et comment il mettait au plus haut point en honneur la démarche intellectuelle de l’homme.

* ndlr - Jean Calvin, né en France à Noyon, crée sa première église " hérétique " à Poitiers (1534) ; obligé de fuir hors de France. Il arrive à Genève en 1536, qui vient de s’affranchir de la double autorité du duc de Savoie et de son évêque…

2) La réforme catholique, ou Contre-réforme, essaya de remédier à plusieurs faiblesses hautement mises en lumière par les protestants, et de regagner les terrains perdus.

3) La Réforme radicale, en grand contraste par rapport à la Réforme du magistère, sépara complètement l’Eglise et l’Etat. Cela exigeait une réforme radicale d’ensemble au lieu de réformes de détail. L’anabaptisme (c’est à dire le re-baptême des adultes croyants selon une décision religieuse propre à chacun d’entre eux) fut souvent leur signe distinctif.

Un petit groupe de réformateurs radicaux venus d’Italie a marqué notre histoire. Leurs membres ont commencé à se demander si oui ou non ce que l’on comprenait traditionnellement de la Trinité comme étant trois personnes ou personnalités égales entre elles provenait des Ecritures. Ils furent beaucoup encouragés par une découverte de Désiderius Erasmus [Erasme] (1466-1536), un catholique hollandais, qui avait démontré que les plus célèbres des textes prouvant traditionnellement la Trinité : Il y en a trois qui portent témoignage dans les cieux : le Père, la Parole, et le Saint Esprit et ces trois là ne sont qu’un. (Première épître de Saint Jean 5 :7) n’apparaissaient pas dans les plus anciens manuscrits dignes de foi du Nouveau Testament.

En Italie, après 1541*, lorsque l’Inquisition commença à faire fuir les hérétiques, plusieurs Italiens parmi eux se dirigèrent vers les régions protestantes plus au Nord. Parmi eux se trouva le moine Bernard Ochino (1487-1564) qui vécut en Angleterre entre 1547 et 1553. Un autre réfugié de l’Inquisition fut le Savoyard Sébastien Castellion ** (1515-1563). Son livre : Traité des hérétiques (1554) causa une vague de protestation contre la mort cruelle du docteur espagnol Michael Servetus (29 sept. 1511- 27 oct. 1553) ; très influencé par les anabaptistes, ce dernier fut condamné dans la Genève protestante, comme anti-trinitaire, à la mort par le feu (les anti-trinitaires sont ceux qui remettent en cause l’enseignement chrétien traditionnel sur la Trinité, mais sans avoir atteint une position unitarienne plus développée où Dieu n’est qu’une seule personnalité et où Jésus est une personne humaine à son plus haut point de perfection , nous révélant un aspect de Dieu).

* ndlr : soit dix ans après la publication par Michel Servet de son livre (en latin) sur " Les erreurs de la Trinité ".

** ndlr : S. Castellion : né dans l’Ain, mais "Savoyard" à l’époque du fait que sa région natale était sous contrôle du duché de Savoie, de langue française. Le " Traité des hérétiques " est le titre de son ouvrage, écrit en français.

La religion libérale en Suisse, en Pologne et en Transylvanie

Des Eglises libérales furent d’abord fondées là où les réformateurs radicaux firent progresser, par leur influence, le protestantisme réformé. Ceci se produisit en trois endroits. L’un était la République indépendante des Grisons au Sud-Est de la Suisse, territoire protestant juste au nord de l’Italie. Des réfugiés de l’Inquisition italienne ne tardèrent pas à trouver leur chemin vers elle. Plusieurs d’entre eux étaient anabaptistes, mais certains étaient aussi anti-trinitaires. On leur ordonna de quitter les Grisons en 1570.

Les deux autres endroits où les réformés radicaux influencèrent le protestantisme furent la Pologne, particulièrement la région proche de Cracovie dans le Sud, et la Transylvanie, qui, si elle fait partie maintenant de la Roumanie, constituait alors la région orientale d’une Hongrie divisée. La Pologne et la Transylvanie étaient toutes deux des Etats semi-républicains, qui élisaient leur monarque, celui-ci laissant à la noblesse beaucoup de pouvoir.

Dans les deux pays des difficultés surgirent lorsque l’on voulut codifier les croyances des Eglises réformées protestantes. C’est en Pologne que les anti-trinitaires se montrèrent d’abord, en 1546, et qu’ils furent par la suite encouragés par l’arrivée d’un docteur italien, Giorgio Biandrata (1515-1588). Il en résulta qu’en 1565 l’Eglise réformée polonaise se scinda en une Eglise réformée majeure (trinitaire) et en une Eglise réformée mineure (anti-trinitaire).

Pendant ce temps, en 1563, Biandrata s’était dirigé vers le sud, de la Pologne par les montagnes des Carpathes jusqu’en Transylvanie, où il exerça une influence considérable sur l’évêque réformé Francis (Ferencz) David (1520-1579). A partir de 1566, ce dernier fut ouvertement anti-trinitaire. Puis, en 1568, participant à un débat durant dix jours entre trinitaires et anti-trinitaires à Gyulafehervar [Alba Julia], le dirigeant transylvanien lui-même, Jean Sigismond (1540-1571), devint unitarien. Il en résulta que, dans La Déclaration de Torda, Sigismond reconnut la nouvelle foi réformée anti-trinitaire comme l’une des quatre religions du pays. Les autres étaient les religions catholique, luthérienne, et réformée trinitaire.

Francis David devint encore plus radical dans ses opinions : il rejeta le baptême des enfants et le culte de Dieu par Jésus-Christ. Quand un dirigeant catholique succéda à Sigismond, Biandrata perdit patience et invita en Transylvanie un collègue italien, Faustus Socinus (1539-1604), auteur d’un livre récent : De Jesu Christo Servatore (Jésus Christ le Serviteur), pour essayer de détourner David de ses vues avancées. Mais David resta fidèle à ses convictions et en conséquence mourut en prison, en martyr pour sa foi.

Faustus Socin, pendant ce temps, se dirigea vers le Nord de la Pologne où il fut bien reçu par l’Eglise réformée mineure (anti-trinitaire). Toutefois, Socin ne devint jamais membre de cette Eglise et ne fut jamais autorisé à partager la Cène avec eux, car selon ses propres vues, Socin pensait que le baptême était instauré seulement pour cette première génération de chrétiens [et n’était plus dès lors nécessaire], alors que l’Eglise réformée mineure demandait le re-baptême [des chrétiens ayant été baptisés étant enfants]. Mais cela ne l’empêcha pas de devenir le principal théologien de leur Eglise.

Le principal centre anti-trinitaire en Pologne fut la petite ville de Rakow (Racovie), juste au nord est de Cracow (Cracovie). Là, plusieurs membres de l’Eglise réformée mineure [ndlr : appelés encore les Frères polonais] n’étaient pas seulement anti-trinitaires et anabaptistes ; ils furent aussi pendant quelque temps pacifistes et ils mettaient leurs biens en commun. En 1605 leur Eglise publia à Racovie Le Catéchisme de Rakow, qui est une présentation de leur foi.

A partir de 1590, suite à l’arrivée des jésuites, instruments de la Contre-réforme catholique, commencèrent des campagnes de persécution incroyablement cruelles contre les protestants polonais et en particulier contre l’Eglise réformée mineure. Vers 1660, le petit nombre de ceux qui restaient avaient été bannis de Pologne. Toutefois, grâce à l’activité de leurs nombreux réfugiés, et grâce à la vaste diffusion de leur littérature à travers toute l’Europe, leur mouvement continua à exercer une influence considérable.

Appelés habituellement sociniens, à cause de leur dette envers Faustus Socin, certains de ces réfugiés polonais s’appelèrent eux-mêmes plus tard unitariens, appellation héritée de leurs frères et sœurs transylvaniens. Ceux-ci, en 1569, avaient été appelés unitariens par leurs opposants, parce qu’ils enseignaient que Dieu le Père est supérieur au Fils et à l’Esprit Saint [ndlr : c’est là la position arienne ; les anti-trinitaires transylvaniens allèrent plus loin en déclarant l’unicité de Dieu : Dieu Un]. Les Transylvaniens adoptèrent l’appellation pour eux-mêmes. Aujourd’hui il y a plusieurs congrégations unitariennes au Nord Ouest de la Roumanie [en Transylvanie] et quelques unes à l’Est de la Hongrie. Ce sont les descendantes directes des premières communautés organisées d’unitariens. Les congrégations de Hongrie, de Budapest et de ses environs, furent établies plus tard.

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Published by Andrew Hill - dans sur l'unitarisme
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