Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

Rechercher

Archives

Articles Récents

15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 05:23

"UNITARIENS" sur le site New Advent http://www.newadvent.org/, traduit en français par Christian Phéline, 4 mars 2007, à paraître dans Les Cahiers Michel Servet n° 9, "L'unitarisme dans les encyclopédies".

   

 

Secte * protestante libérale qui est attachée comme dogme distinctif, à la croyance en une seule personne divine plutôt que Dieu en trois personnes. 
* La Besace : New Advent est une encyclopédie catholique et le terme "secte", pris dans son sens ancien, désigne ici tout simplement une dissidence chrétienne 

I - APPELLATION ET DOCTRINE

Sous sa signification courante, le nom désigne tous ceux qui ne croient pas à la Trinité, fussent-ils chrétiens ou non-chrétiens ; selon son utilisation actuelle spécifique, il s’applique à cette forme organisée de chrétienté qui repose sur l’unicité de la personnalité de Dieu. Le terme semble être né vers 1570, et fut utilisé dans un décret de la Diète tenue en 1600 à Lecsfalva en Transylvanie, il fut accepté officiellement par décision ecclésiastique en 1638. Il supplanta les désignations variées de anti-trinitariens, ariens, racoviens, et sociniens. En Angleterre le nom apparaît pour la première fois en 1682. A dater de 1815, il devient fréquent aux U.S., quoique mal reçu par certains anti-trinitariens, et omis du titre officiel de certaines congrégations dont la position religieuse était pourtant voisine. On peut expliquer cette résistance par le fait que les parties concernées étaient réticentes à insister sur toute affirmation doctrinale. Les associations d’historiens font état du nom de presbytériens, souvent utilisé à propos des unitariens dans les Iles Britanniques, et de congrégationalistes unitariens, en usage aux U.S.A.


Aucun critère standard de croyance n’est inclus dans cette désignation et aucun examen de doctrine n’est requis comme condition d’acceptation dans la communauté. La coopération de toutes les personnes désireuses de faire progresser les intérêts d’un christianisme épuré (non dogmatique, pragmatique) est bien accueillie au sein de l’unitarisme.
 

S’il fournit cette coopération, chaque membre jouit d’une totale liberté en ce qui concerne ses opinions religieuses personnelles et nul cadre de propositions doctrinales n’est soumis à l’acceptation de l’ensemble des unitariens. Le lien entre eux tient plus dans leur tendance à refuser les dogmes qu’à une uniformité de croyance. L’autorité de la Bible est conservée jusqu’à un certain point, mais son contenu est soit accepté soit répudié selon la faveur reçue du tribunal suprême de la raison individuelle, qui dans ce cas fait loi. On considère Jésus Christ comme subordonné au Père, et bien que l’épithète divin lui soit appliquée au sens large assez souvent, beaucoup le considèrent comme un très doué et puissant leader mais cependant humain. C’est un maître à suivre et non un Dieu à adorer. Pour ses disciples, sa passion et sa mort sont une inspiration et un exemple et non la réparation effective et de remplacement pour les péchés des hommes. Il est le plus haut modèle que nous puissions imiter pour perfectionner graduellement notre union avec Dieu. Enseigner ainsi la mission de Jésus-Christ n’est que le complément logique du refus unitarien de la Chute de l’homme et dans la même ligne cohérente, conduit à la suppression des sacrements.


En fait, deux d’entre eux sont conservés, baptême et eucharistie, mais leur pouvoir de conférer la grâce est nié et leur réception est déclarée inutile [ndlr plutôt non obligatoire] . Le baptême est administré aux enfants, rarement aux adultes, plus pour raisons sentimentales et dans un but éducatif, que partant de la certitude des résultats spirituels produits sur l’âme du bénéficiaire. L’eucharistie, loin d’être considérée comme sacrificielle, est simplement regardée comme une cérémonie de mémoire. L’espérance rassurante du salut universel est suivie par la majorité des membres.
 

En résumé, l’unitarisme de nos jours n’est guère plus qu’une religion naturelle et montre chez certains membres une tendance à la spéculation panthéiste. L’organisation d’Eglise en Angleterre et aux USA est strictement congrégationnelle ; chaque congrégation particulière dirige toutes ses affaires sans supervision, convoque et renvoie son pasteur et enfin juge des idées religieuses exprimées en chaire. En Transylvanie le gouvernement de l’Eglise est exercé par un évêque qui réside à Kolozsvar (Klausenburg) assisté par un consistoire. Le titre épiscopal qu’il porte ne demande aucune consécration spéciale mais dénote simplement la fonction de contrôleur ecclésiastique.
 

II - HISTORIQUE
 

 A - en Europe 

La première Eglise détenant des croyances unitariennes fut fondée en Pologne sous le règne de Sigismond II (1548-72). L’an 1568 vit l’installation et la reconnaissance de congrégations de ce type en Transylvanie. Alors qu’en Pologne l’unitarisme fut complètement aboli en 1660, dans l’autre pays, il se maintint malgré des persécutions temporaires. L’Eglise transylvanienne est d’origine socinienne puis supprima l’adoration de Jésus-Christ, rejetant de la sorte ce qui la différenciait principalement du strict unitarisme. Son appellation actuelle est Eglise unitarienne hongroise [ndrl maintenant Eglise unitarienne de Roumanie] encore que assez peu de ses membres habitent en Hongrie.
 

En Angleterre, l’organisation de l’unitarisme devint effective beaucoup plus tard. C’est John Biddle (1615-62) qui essaya de fonder une première congrégation mais elle ne survécut pas à son auteur. Par contre les efforts de Théophilus Lindsey (1723-1808) eurent plus de suite, en 1773 il se retira de la communion anglicane, il organisa l’année suivante une congrégation unitarienne à Londres et en 1778 il bâtit la chapelle d’Essex Street. A la même époque, les vues anti-trinitaires furent répandues par le scientifique Joseph Priestley, pasteur d’une congrégation à Leeds (1768-80) puis à Birmingham. Son travail dans ce dernier endroit fut interrompu en 1791 par un soulèvement populaire, et trois ans plus tard il émigra aux USA. D’autres, parmi lesquels Thomas Belsham (1750-1829) et Lant Carpenter (1780-1840) poursuivirent la propagation de l’unitarisme en Angleterre. Des restrictions légales étaient toutefois encore en vigueur à l’égard des personnes opposées à la doctrine de la Trinité et freinaient leur travail. Mais en 1813, la plupart de ces inconvénients disparurent, et en 1844, une liberté totale fut obtenue en dépit de l’opposition, par le Dissenters’ Chapels Act, que l’on nomme quelquefois Charte unitarienne.
 

Dès 1825, les unitariens anglais avaient conclu une union avec leurs coreligionnaires lointains sous le nom d’Association unitarienne anglaise et à l’étranger, cette société répandait de la littérature religieuse et défendait les intérêts de la secte. Les perspectives de cette activité furent éclairées par l’apparition d’un défenseur très doué des vues unitariennes. le Dr. James Martineau (1805-1900). Après une résistance réussie contre l’opposition du début, sa personnalité domina l’unitarisme anglais pendant une longue période. Ses écrits ont eu une influence marquante loin au delà de l’Angleterre, et continuent de faire progresser la cause du christianisme libéral. Ses disciples ont repris son travail et dépassent les vues radicales du maître.
 

L’Ecosse ne s’est jamais montrée une terre propice à la propagande unitarienne. Une congrégation a été organisée en 1776 à Edimbourg et l’Association unitarienne écossaise fut formée en 1813 mais le progrès dans ce pays a été insignifiant et rares y sont les congrégations.
 

En Irlande, l’unitarisme existe surtout dans le Nord où il a trouvé ses adhérents parmi les presbytériens, il peut sans faire erreur être considéré comme une branche autogouvernée du groupe presbytérien.
 

On rencontre encore des congrégations unitariennes aux colonies britanniques, Australie, Canada principalement. Chez les protestants français, un bon nombre sont de pensée unitarienne quoique anonymement.
 

B - en Amérique
 

Vers le milieu du 18° siècle, les opinions unitariennes s’infiltrèrent parmi les congrégationalistes de Nouvelle-Angleterre. Elles étaient propagées par Jonathan Mayhew (1726-1766) pasteur de la West Church de Boston depuis 19 ans, et Charles Chauncey (1705-85) dans la même ville. La première église organisée fut la Kings Chapel à Boston quand la congrégation, jusque là épiscopale, ôta toute référence à la Trinité dans son Livre de Prière commune et assuma en 1787 une existence indépendante. Des congrégations s’organisèrent également à Portland et Saco (Maine) en 1792 et en 1794, Joseph Priestley démarra sa propagande en Pennsylvanie ; c’est toutefois particulièrement en Nouvelle Angleterre que le mouvement gagna du terrain. La nomination en1805 du révérend Henry Ware à la Hollis Chair of Divinity au Harvard College et la nomination, au cours des deux années suivantes, de quatre candidats libéraux à des postes importants de professeurs de la même institution, amena ce lieu d’études à subir une influence unitarienne considérable. Son école de théologie fut fondée et organisée par la dénomination en 1817 et resta sous son contrôle jusqu’en1878, puis devint sans dénomination.
 

Alors que la diffusion des idées unitariennes fut relativement rapide, l’organisation d’Eglises fut retardée par la réticence de certains à se séparer des communautés congrégationalistes dont ils étaient membres. Avant que la séparation devint effective, une violente controverse s’engagea entre les ailes libérales et conservatrices du congrégationalisme Ces choses atteignirent leur sommet lorsque en 1819 le révérend William Ellery Channing, au cours d’un sermon prêché à Baltimore pour l’installation du révérend. Jared Sparks, recommanda la reconnaissance des croyances unitariennes partagées par les membres libéraux et les congrégations. Ce discours se montra décisif et les parties concernées se mirent immédiatement à s’organiser en autonomie. Depuis ce jour et jusqu’à sa mort en 1842, Channing fut le leader reconnu de la dénomination. C’est sous ses auspices que l’Association américaine unitarienne fut fondée à Boston en 1825 pour promouvoir les intérêts unitariens.
 

Après sa mort, la tendance radicale devint prédominante sous la direction de Théodore Parker (1810-60) dont l’influence prit la succession de celle de Channing. L’autorité de la Bible, qui était reconnue par la vieille école, fut sous Parker largement sacrifiée aux principes d’une critique destructive, et l’unitarisme dériva rapidement vers les spéculations rationalistes. A l’activité de Channing et Parker vint s’ajouter l’influence plus répandue et générale du poète et philosophe unitarien Ralph Waldo Emerson (1803-82). Quoique démissionnant de sa charge de la deuxième Eglise congrégationaliste de Boston après une courte période (1829-32), il continua de prêcher de nombreuses années et sa popularité d’écrivain et de conférencier ne pouvait qu’apporter du prestige aux idées religieuses avancées qu’il défendait. Les intérêts de la propagande unitarienne furent également servis par la création de la Western Conference of Unitarians en1852 et celle de la National Unitarian Conference en 1865. A Boston en1900, fut organisé le Conseil international des unitariens et autres penseurs religieux libéraux et ouvriers, dont le caractère était plus universel. Il siégea à Londres (1901), Amsterdam (1903), Genève (1905), Boston (1907), et Berlin (1910). A cette dernière convention, le titre officiel fut changé en International Congress of Free Christians and other Religious Liberals. Son propos reste identique, soit : " ouvrir la communication avec ceux qui, dans tous pays, s’efforcent d’unir une religion pure avec une liberté parfaite et d’augmenter parmi eux, fraternité et coopération ".
 

III PROPAGANDE . INSTITUTS EDUCATIFS , STATISTIQUES.
 

La corporation unitarienne adressa un missionnaire en Inde en 1855, et depuis 1887, a lancé une active propagande au Japon ; pourtant ses efforts missionnaires à l’étranger, vus en gros, n’ont pas été considérables. Ceci concorde avec son attitude généralement indifférente pour le dogme et ses efforts pour faire progresser le christianisme sans appuyer sur ses articles de foi particuliers ; ses membres dans le passé ont participé aux caisses missionnaires dans les autres dénominations. Leurs efforts ont porté plutôt sur la dissémination de littérature parmi les nations civilisées qu’en l’envoi de missionnaires vers les contrées non chrétiennes. Cette méthode de recrutement s’est montrée efficace en partie à cause de la tendance actuelle libérale, rationaliste et excessivement individualiste, mais aussi grâce à nombre d’éminents personnages et auteurs doués qui ont adhéré aux doctrines unitariennes et les ont défendues. Les ressources financières destinées à la propagande ont été assurées par le riche planteur jamaïcain Robert Hibbert (1770-1849) créateur du fonds qui porte son nom. Il en résulta les Conférences Hibbert bien connues et aussi le " Hibbert Journal " plus récent. Une organisation de caractère unique est la " Post-office Mission "qui, par correspondance et envoi de livres et de périodiques, tend à apporter du courage aux dépendants et joie aux souffrants.
 

L’Eglise n’a fait aucun effort déterminé pour organiser des institutions charitables de son fait [La Besace : si, en 1941, le Service unitarien pour aider les exilés européen fuyant le nazisme].
 

Un nombre important de son corps pastoral, (ouvert aux femmes) a reçu sa formation au sein d’institutions éducationnelles dépendant d’autres sectes. Cependant, l’Eglise a fondé à cet usage les écoles suivantes :le Collège unitarien de Kolozsvar (Hongrie) [ndrl : actuelle Roumanie], et pour Angleterre et Pays de Galles, le Home Collège unitarien missionnaire, à Manchester, le Manchester College à Oxford, le Collège presbytérien à Carmarthen, en Amérique, la Harvard Divinity School à Cambridge, Massachusetts, la Meadville Theological school., à Meadville Pennsylvanie, et la Pacific Unitarian School qui fut nommée ultérieurement : la Star King School for the Ministry, à Berkeley, Californie. Aux USA, la dénomination conserve à côté de ces écoles de formation pastorale, sept académies toutes situées sauf une dans les Etats de la Nouvelle-Angleterre.
 

Le nombre de personnes partageant les idées unitariennes ne peut être évalué même approximativement, car nombreux sont ceux qui sans hésiter rejettent la doctrine des Trois Divines Personnes et conservent la croyance en un Dieu unique sans jamais s’affilier à l’Eglise. Parmi ceux ci on compte non seulement de nombreux théologiens libéraux et critiques d’avant-garde, mais aussi certaines dénominations religieuses qui, soit en totalité comme les Hicksite Friends, ou en grand nombre comme les unitariens-universalistes, sont unitariens de façon distinctive.

Partager cet article

Repost 0
Published by Christian Phéline - dans CMS articles
commenter cet article

commentaires