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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 04:54

Encyclopedia Britannica 1911, http://encyclopedia.jrank.org/fr/, traduction en français de Christian Phéline, janvier 2007, texte à paraître dans le n° 9 des Cahiers Michel Servet "L'unitarisme dans les encyclopédies".

   UNITARISME, système de pensée chrétien et d’observance religieuse basé sur la personne unique de la divinité, en opposition à l’orthodoxie trinitaire, le divin existant en la seule personne du Père.

Les unitariens ont une histoire qui remonte à la période apostolique ; ils se réclament d’une antériorité doctrinale précédant Nicée et d’une continuité d’opinion depuis les communautés ariennes jusqu’aux penseurs individuels de nos jours. Quoiqu’il en soit, il est certain que la Réforme du XVIème siècle a été accompagnée, en chaque pays européen, d’une éclosion plus ou moins importante d’opinions anti-trinitaires. Supprimée systématiquement dans les cas individuels, ce type de doctrine est finalement devenu malgré tout l’emblème de diverses communautés religieuses en Pologne (depuis disparues), en Hongrie * (où elles sont encore vivantes) et, beaucoup plus tardivement, en Angleterre.

* note de traduction : en Transylvanie (Roumanie) et en Hongrie depuis que la Transylvanie a été rattachée à la Roumanie en 1919

Outre la doctrine fondamentale, les pratiquants sont marqués par certaines caractéristiques, qui sont : une tolérance extrême, une tendance à minimiser l’indispensable, une répugnance à exprimer leur foi, une approche historique des écritures.
 

Martin Cellarius
(1499-1564), ami de Luther, est habituellement considéré comme le premier pionnier écrivain du mouvement ; la position anti-trinitaire de Ludwig Haetzer ne fut révélée qu’après son exécution (1529) pour anabaptisme. Les écrits à partir de 1531 de Servet, et son sort (1553) ont stimulé la réflexion dans la même direction. Les Dialogues (1563) de Bernardino Ochino, tout en défendant la Trinité, ont établi des objections et réticences qui en ont convaincu plus d’un. Dans son 27ème dialogue, Ochino indique la Hongrie comme le refuge possible de la liberté religieuse. Ce fut en effet en Pologne et en Hongrie que furent formées en premier et tolérées les premières communautés religieuses expressément anti-trinitaires. En Pologne, en plusieurs lieux des manifestations d’opinion anti-trinitaires apparaissent très tôt. A l’âge de 80 ans, Catherine, épouse de Melchior Vogel ou Weigel, fut brûlée à Cracovie (1539) pour apostasie, bien qu’il n’ait pas été clair que ses vues aillent plus loin qu’un simple déisme. 

En Pologne
 

En Pologne, le premier synode de l’Eglise réformée se tint en 1555. Lors du second, en 1556, Gregory Pauli et Peter Gonesius confessèrent des tendances anti-trinitaires et anabaptistes. L’arrivée de Biandrata en 1558 fournit un chef au groupe. En 1565, la diète de Piotrkow exclut les anti-trinitaires du synode ; à partir de cette date, ceux-ci tinrent leurs propres synodes sous le nom d’Eglise mineure. Connus sous d’autres noms (celui d’ariens était le plus commun), cette formation ne prit à aucun moment de son histoire une autre désignation que celle de " chrétiens ". Arienne à l’origine (bien que refusant toute adoration du Christ) * et anabaptiste, l’Eglise mineure fut (vers 1588) influencée par les idées de Fausto Sozzini qui avait pris racine en Pologne en 1579. En 1602 James Sienynski établit, à Rakow, un collège et une imprimerie ; celle-ci édita le Catéchisme de Rakow en 1605.

* note de traduction : Non ! les Frères polonais considéraient que Jésus, ayant été divinisé par Dieu après sa mort, avait le droit à un culte.

En 1610 commença une réaction catholique menée par les Jésuites. L’installation à Rakow fut supprimée en 1638, sous le prétexte que deux jeunes avaient démoli un crucifix en dehors de la ville. Vingt ans plus tard, la diète polonaise accorda aux anti-trinitaires le choix entre se conformer ou s’exiler. Or l’Eglise mineure comportait plusieurs magnats polonais, mais ceux-ci ayant adopté les vues de Sozzini écartant les chrétiens de toute fonction de direction, se trouvaient politiquement impuissants. L’application du décret, précipitée d’un an, eut lieu en 1660. Certains se soumirent ; d’autres émigrèrent en Hollande en grand nombre (les remontrants les reçurent comme leurs membres, selon les termes de leur credo apostolique) ; d’autres vers la frontière allemande ; un contingent s’installa en Transylvanie, à Kolozsvar, sans toutefois entrer au sein de l’Eglise unitarienne, mais en maintenant une organisation distincte jusqu’en 1793.

A Amsterdam, on publia (1665-1669) la Bibliothèque des frères polonais, comportant les travaux de Hans Krell, leur principal théologien, de Jonas Schlichting, leur porte-parole, de Sozzini et de Johann Ludwig Wolzogen ; en page titre de cette collection, figurent les mots : " quos Unitarios vacant " introduisant ainsi ce terme en Europe de l’Ouest.
 

En Transylvanie et en Hongrie
 

Il n’y a nulle trace évidente d’une opinion anti-trinitaire précédant l’apparition de Biandrata à la cour de Transylvanie en 1563. Son influence s’exerça sur Francis David (1510-1579), qui fut successivement catholique, luthérien, calviniste et anti-trinitaire. En 1564 David fut élu, par les calvinistes, évêque des Eglises hongroises en Transylvanie et nommé prédicateur de la cour de John Sigismund, prince de Transylvanie. Sa contestation de la Trinité commença par des doutes sur la nature du Saint-Esprit . Son adversaire dans les discussions publiques fut le leader calviniste Peter Juhasz (Melius) ; Biandrata le soutint. John Sigismund, adoptant les vues de son prédicateur de cour, publie (1568) un édit de liberté religieuse, prise par la Diète de Torda, autorisant David (qui conservait son titre existant) à transférer sa charge d’évêque des calvinistes aux unitariens ; Kolozsvar devint alors à majorité unitarienne.


Un catholique, Stephen Bathory, succède en 1571 à John Sigismund et les ennuis commencent. Sous l’influence de John Sommer, recteur du gymnase de Kolozsvar, David abandonne vers 1572 le culte du Christ. La tentative de conciliation de Sozzini ne fit qu’empirer les choses ; jugé comme innovateur, David mourut en prison à Déva en 1579. Le culte du Christ devint un usage reconnu par l’Eglise ; il est toujours présent dans le livre de cantiques officiel édité en 1837, mais il en est retiré dans l’édition de 1865. D’autre part, une nouvelle secte apparaît en 1621, les Sabbatariens, à forte tendance judaïsant ; bien que n’étant pas tolérée, elle persista jusqu’en 1848.


Le terme " unitarius " (on le dit introduit par Mélius dans des discussions en 1569-1571) est lisible sur document pour la première fois dans un décret de la Diète de Lecsfalva en 1600 ; il ne fut adopté officiellement par l’Eglise qu’en 1638. Parmi la série des 23 évêques, les plus distingués furent : George Enyedi (1592-1597) dont les Explications furent en vogue en Europe, et Michel Lombard Szentabrahami (1737-1758) qui raviva la force de son Eglise, brisée par la persécution et les expropriations, et lui donna la constitution actuelle. En 1787, sa Summa universae theologise secundum Unitarios, de sensibilité socinienne avec des modifications arminiennes, fut acceptée par Joseph II comme manifeste officiel de la doctrine ; celle-ci demeure en l’état mais aucune adhésion n’a jamais été exigée. La dénomination officielle est Eglise hongroise unitarienne * comptant plus de 60 000 membres, la plupart en Transylvanie, particulièrement parmi le peuple szekler, quelques uns en Hongrie ; leur évêque a un siège au parlement hongrois. A Kolozsvar, siège du consistoire, se trouve le collège principal, les autres sont à Torda et à Szekely-Keresztilr.

* note de la traduction : l’article datant de 1911 ne tient pas compte du rattachement de la Transylvanie à la Roumanie. On distingue aujourd’hui l’Eglise unitarienne de Roumanie (avec 80 000 unitariens lors du recensement de la population totale en 1992) et l’Eglise unitarienne de Hongrie (évaluée à près de 5 000 fidèles) .

Jusqu’en 1818 l’existence permanente de ce groupe était méconnue des unitariens anglais, les relations sont depuis devenues plus étroites ; depuis 1860, une série d’étudiants [transylvains] ont fini leur éducation théologique au Manchester College à Oxford, et d’autres à La Maison unitarienne du Collège des missions.
 

En Angleterre

Entre 1648 (avec John Assheton) et 1612, un nombre limité d’unitariens furent soit exécutés, soit épargnés suite à leur abjuration. Parmi les brûlés vifs, citons George Van Paris (1551), chirurgien flamand, Patrick Packingham (1555), usurier, Matthew Hamont (1579), commerçant en charrues, John Lewis (1583), Peter Cole (1587), tanneur, Francis Kett (1589), médecin et auteur, Bartholomew Legate (1612), marchand d’habits, dernière victime de Smithfield, et le fanatique Edward Wightman (1612), consumé à deux reprises. En tous cas, la contamination semble provenir de Hollande. Les deux dernières exécutions firent suite à la dédicace à James I de la traduction latine du Catéchisme de Rakow (1609), sans que celui-ci en ait été prévenu à l’avance. La vogue de la pensée socinienne, qui séduisit un temps des hommes tels que Falkland et Chillinworth, conduisit à ce quatrième canon de1640 dirigé contre les livres sociniens, mais qui tourna court.

L’ordonnance de 1648 condamne le dénie de l’existence de la Trinité, mais elle resta lettre morte car Cromwell pesa sur le procès de Paul Best (1590-1657) et John Biddle (1616-1662). En 1650, à Chester, John Knowles était prédicateur laïc de tendance arienne. De 1652 à 1654, puis de 1658 à 1662, Biddle anima à Londres un groupe socinien. Outre ses écrits personnels, il réimprima et traduisit le Catéchisme de Rakow et la Vie de Socin (1653). Son disciple Thomas Firmin (1632-1697), conducteur de travaux et philanthrope, ami de Tillotson, fut amené aux idées de Sabellius * par un homme d’Eglise nommé Stephen Nye (1648-1719).

* hérésiarque chrétien du IIIème siècle dont la doctrine tendait à réduire la distinction entre les trois personnes de la Trinité (sa doctrine, le sabellianisme, est proche du modalisme ou monarchianisme).

Firmin a émis une remarquable série de pamphlets contradictoires (1690-1699). Le terme " unitarien " émerge d’abord en 1682 et figure dans le titre de la Brief History (1687). Il fut interprété dans un sens large comme couvrant tous ceux qui, à quelques variantes près, considéraient l’Etre divin comme personne unique. Le projet ultérieur de Firmin était de créer des sociétés unitariennes " au sein de l’Eglise ". Thomas Emlyn (1663-1741) fut le premier prédicateur à se qualifier d’unitarien. Il réunit à Londres une congrégation en 1705, ce qui était contraire à la Loi de tolérance de 1689 laquelle excluait tous ceux qui prêchaient ou écrivaient contre la Trinité.


Il est notable que, en Angleterre, la dispute socinienne lancée par Biddle a précédé la controverse arienne initiée par Samuel Clark et sa doctrine de la Trinité selon les Ecritures (1712). Au cours du XVIII° siècle, les idées des ariens et semi-ariens étaient en vogue à la fois dans l’Eglise et chez les " dissidents ". L’atmosphère libre des académies des dissidents favorisait les idées nouvelles. La conférence de Salter Hall , réunie pour débattre de la prétendue hérésie de James Peirce (1693-1726), eut l’effet de laisser à chaque congrégation le choix de sa propre orthodoxie (1719). Déjà les baptistes s’étaient séparés de la doctrine courante.


En 1689, les presbytériens rejoignirent les " indépendants ", en accord avec eux pour supprimer les deux dénominations et encourager des fonds communs. Mais à Londres, l’union qui avait été réalisée pour gérer un fonds commun fut dissoute en1693 ; le temps aidant, des désaccords dans la gestion de ces fonds conduisirent au rattachement à la dénomination presbytérienne des théologiens libéraux, bien que de nombreuses chapelles unitariennes anciennes fussent des fondations indépendantes. Cependant, la moitié au moins des chapelles presbytériennes (de 1690 à1710) revinrent aux mains des congrégationalistes.


Les meneurs en matière d’une christologie purement humaine provenaient principalement des indépendants comme Nathaniel Lardner (1684-1768), Caleb Flaming (1698-1779), Joseph Priestley (1733-1804), Thomas Belsham (1750-1829). La formation d’une dénomination unitarienne distincte date de 1773, lors du retrait de Theophilus Lindsey (1723-1808) de l’Eglise anglicane, au moment de l’échec de la pétition dite des " Plumes " au Parlement (1772) demandant la fin des serments d’allégeance. Cette démission de Lindsey avait été précédée en Irlande par celle de William Robertson, D.D.(1705-1783) que l’on nomme " le père du non-conformisme unitarien ". Elle fut suivie par d’autres retraits de gens d’Eglise, la plupart pasteurs démissionnaires, si bien que le vœu de Lindsey d’un mouvement unitarien demeurant au sein même de l’Eglise anglicane n’aboutit pas. Progressivement, cette théologie unitarienne déborda l’arianisme dans un nombre considérable de congrégations dissidentes.


La Loi de tolérance fut abolie en 1779. On substitua alors, à l’allégeance aux articles doctrinaux de l’anglicanisme, la seule croyance aux Ecritures. En 1813, les lois pénales dirigées contre les adversaires de la Trinité furent abolies. En 1825, l’Association unitarienne en Grande-Bretagne et à l’étranger fut fondée par amalgame de trois sociétés plus anciennes, littéraire (1791), missionnaire (1806), et des droits civils (1818).


Les propriétés gérées par des unitariens et créées antérieurement à 1813 furent l’objet d’attaques. Le procès de la chapelle de Wolverhampton commença en 1817, celui encore plus important du Fonds Hewley, en1830 ; tous deux furent réglés au désavantage des unitariens en 1842. Un appel au Parlement aboutit à la Loi des paroisses dissidentes (1844) qui affirme que 25 ans d’existence d’une pratique légitiment son maintien actuel si les doctrines ne sont pas spécifiées dans les statuts.


L’unitarisme un peu aride de Priestley et de Belsham, enfermé dans une philosophie déterministe, fut graduellement modifiée sous l’influence de Channing (voir plus loin) dont les travaux firent l’objet de plusieurs réimpressions et furent diffusés très largement grâce aux efforts de Robert Spears (1825-1899). Une autre influence américaine, qui se montra efficace en réduisant ce qu’il pouvait y avoir de rigide dans le surnaturalisme – toutefois restreint - de Belsham et de ses successeurs, fut celle de Theodore Parker (1810-1860). En métropole, l’enseignement de James Martineau (1805-1900) rencontra au début quelques résistances, puis fut amplement reçu, aidé qu’il était par l’influence de John Tayler (1797-1869) et John Hamilton Thom (1808-1894).


La mouvance unitarienne a produit de remarquables érudits tels que John Kenrick (1788-1877), James Yates (1789-1871), Samuel Sharpe (1799-1881), mais il y eut peu de prédicateurs populaires, encore que George Harris fasse exception (1774-1859). L’Annuaire publié par ce dernier recense 406 congrégations en Angleterre et pays de Galles ; quant à la formation des pasteurs, il cite le Collège de Manchester d’Oxford (ce qui fait remonter son ancienneté à l’académie de Richard Franklandr, au début de 1670 ), la Maison unitarienne du Collège des missions (fondé en 1854 à Manchester par John Relly Beard, D.D., et William Gaskell), et le Collège presbytérien de Carmarthen.


La littérature anglaise des périodiques unitariens débute avec le Dépositaire théologique de Priestley (1769-1788), et ensuite le Dépositaire mensuel (1806-1838), le Réformateur chrétien (1834-1863), la Revue de prospective (184*-1854), la Revue nationale (1855-1864), la Revue théologique (1864-1879) et, actuellement, le Journal d’Hibbert, l’une des créations du Trust Hibbert, fondé par Robert Hibbert (1770-1849) et nommé à l’origine l’Antitrinitarian Fund.


A noter que ce fonds devint opérationnel en 1853 ; il a procuré des bourses et des aides financières à des communautés, a financé des conférences annuelles de 1878 à 1894, et a maintenu une chaire d’histoire de l’Eglise au Collège de Manchester depuis 1894. Les activités générales du groupe sont dirigées partiellement par son association (Essex street, Strand) et aussi par sa Conférence nationale (qui tint des séances triennales), installée en 1882. Elle gère deux journaux hebdomadaires, l’Enquêteur et la Vie chrétienne.
 

En Ecosse
 

On a beaucoup insisté sur l’exécution, à Edimbourg (1697), de l’étudiant Thomas Aikenhead, coupable de blasphème envers la Trinité. Les travaux de John Taylor, D.D. (1694-1761) sur le péché originel et l’absolution eurent beaucoup d’influence à l’Est de l’Ecosse comme nous l’apprennent Robert Burns et d’ autres tels que William Dalrymple, D.D.(1723-1814) et William M’Gill, D.D. (1732-1807) qui, avec d’autres " modérés ", furent soupçonnés de la même hérésie. Mais un unitarisme déclaré n’a jamais eu une grande vogue en Ecosse. Seule congrégation anciennement fondée, celle d’Edimbourg, par séparation en 1776 de l’une des " associations fraternelles " créées par James Fraser, de Brea (1639-1699). Les efforts missionnaires de Richard Wright (1764-1836) et George Harris (1794-1859) eurent des effets passagers. Il existe actuellement sept congrégations. L’Association unitarienne écossaise fut fondée en 1813, essentiellement par Thomas Southwood Smith, un médecin réformateur de la santé. Le Trust McQuaker fut fondé en 1889 dans un but de propagande.
 

En Irlande
 

Le procès à Dublin (1703) de Thomas Emlyn attisa la controverse sur la Trinité ; il fut soumis à amende et peine d’emprisonnement pour avoir rejeté la divinité du Christ. En 1705, les pasteurs presbytériens du Nord ont fondé la Société de Belfast visant à discuter de la théologie, ce qui créa un courant d’opinion refusant les normes de Westminster. La tolérance vis-à-vis des " dissidents ", retardée en Irlande jusqu’en 1719, fut accordée enfin sans restriction doctrinale.


Un an plus tard, au synode général de l’Ulster, se forma un courant d’opinion hostile à l’adhésion des principes édictés, aboutissant en 1725 à la séparation des non souscrivant dirigés par John Abernethy d’Antrim, lesquels formèrent un conseil presbytéral à part. Celui-ci fut placée hors juridiction, mais non excommunié. Lors du siècle suivant, ses membres ont exercé une haute influence sur leurs frères du synode, mais l’influence opposée de la Mission des dissidents écossais (depuis 1842) causa une réaction. Le conseil presbytéral d’Antrim devint graduellement arien et le même type de théologie s’étendit plus ou moins à la Southern Association, connue depuis 1806 comme Synode de Munster. Dès 1783, dix des quatorze conseils presbytéraux du synode général avaient déclaré optionnelle l’adhésion aux Articles [anglicans] ; le code du Synode en 1824 affirma que la foi est déclarée orthodoxe quelle soit par adhésion ou par examen ; Henry Cooke, D.D. (1788-1868) s’opposa de toutes ses forces à ce compromis et réussit finalement à vaincre (1829) son opposant arien Henry Montgomery, LL.D. (1788-1865). Montgomery mena alors une dissidence qui aboutit au Synode remonstrant (1830), réunissant trois conseils presbytéraux, et il devint le meneur du mouvement unitarien.


En 1910, le collège presbytéral d’Antrim, non souscrivant, mystique plus que rationaliste en sa théologie, prit part à un Synode général qui réunit les membres du synode de Munster avec les " catholiques chrétiens ", comme ceux-ci se nommaient eux-mêmes, venant de l’Eglise irlandaise presbytérienne des non-souscrivant. Cela tendit à mettre en harmonie 38 congrégations et quelques postes missionnaires.

Note de traduction : les articles de l’Encyclopédie Britannica pouvant faire l’objet de modifications de la part d’intervenants multiples, ce passage a été manifestement caviardé, mélangeant allègrement l’histoire de l’Irlande avec celle des Etats-Unis. Nous ne pouvons qu’en donner, sous toute réserve, une traduction très libre.

Jusqu’en 1889, il y eut à Belfast le maintien de deux chaires de théologie dans l’esprit progressiste de l’époque [il s’agit sans doute de chaire d’église]. Par ses essais sur le Système de l’exclusion et la Dénonciation de la religion (1815) et ses Objections à Scott Porter (180*-1880), Henry Montgomery ( ?) fut un pionnier en matière de critique biblique [selon Earl Morse Wilbur il y eut une controverse en 1834 à Belfast opposant le révérend John Scott Porter au Dr. Bagot ; le débat dura 4 jours].
 

Aux Etats-Unis
 

Dans son sermon sur Le christianisme unitarien, prêché à Baltimore en 1819 à l’occasion de l’ordination de Jared Sparks, puis dans un autre sermon à New-York en 1821, William Ellery Channing se fit le défenseur du mouvement.


Note de traduction
: le texte semble qualifier E.W. Channing, dans ses vues et pratiques, de plus " conservateur " que ses frères anglais. Il semble aussi présenter cet auteur américain comme interprète de la littérature unitarienne provenant d’Irlande (qui se diffusait au niveau de New-York avec les immigrés ?), notamment à partir de 1832 sur le thème de la Bible favorable à la piété.


Il en résulta plusieurs périodiques unitariens : Les Chrétiens (qui se développa au sein des Eglises congrégationalistes), suivi du Magazine irlandais unitarien. Il y eut aussi Le Disciple et Le Presbytérien non-souscrivant. Tous ces journaux contribuèrent à l’émergence, en 1825, de l’Association unitarienne américaine à Boston.


Note de la traduction
: Des références bibliographiques sont données mais elles sont intraduisibles.


L’Association publia des tracts et des livres, aida des Eglises pauvres, envoya des missionnaires aux quatre coins du pays, et établit de nouvelles églises dans presque tous les Etats. Essentiellement non sectaires, animé d’un zèle missionnaire modéré, le mouvement unitarien s’est développé lentement. Son influence s’est principalement exercé au niveau de la culture générale et de la littérature pour les élites du pays. Plusieurs de ses ministres furent formés dans le cadre d’autres dénominations, mais la Faculté de théologie d’Harvard fut unitarienne de 1816 à 1870, avant de devenir un département de l’Université sans orientation confessionnelle spécifique.


L’Ecole de théologie de Meadville (PA) fut fondée en 1884, et l’Ecole de théologie unitarienne de Berkeley, en Californie, en 1904.


La réflexion unitarienne a traversé trois périodes aux USA. La première, de 1800 à 1835, influencée surtout par la philosophie anglaise, a été semi-surnaturelle et insuffisamment rationnelle, tournée vers la philanthropie et la pratique du christianisme. Son distingué interprète a été le Dr Channing. La deuxième période, de 1835 à 1885, influencée profondément par l’idéalisme allemand, devint progressivement rationnelle quoique teintée de mysticisme dans sa théologie. En 1865 la Conférence unitarienne nationale s’organisa, adoptant une assise résolument chrétienne en affirmant que ses membres étaient " les disciples du seigneur Jésus Christ ". La minorité plus rationaliste créa alors la Libre association religieuse destinée à "encourager l’étude scientifique de la théologie et à encourager la fraternité spirituelle". L’Association unitarienne de l’Ouest prit la même position et ne basa sa fraternité sur aucune référence dogmatique, mais il affirma son désir d’établir " la vérité, la droiture et la charité dans le monde ".


Cette période de controverses et de fort développement théologique prit fin en pratique peu après 1885, et c’est par un vote quasi unanime lors de la conférence nationale de Saratoga, en 1894, qu’elle fut consommée : " les dites Eglises se conforment à la religion de Jésus, dans la mesure où, en accord avec son enseignement, la pratique se résume à l’amour pour Dieu et pour l’homme. La conférence reconnaît que sa constitution est Congrégationaliste dans sa tradition et sa politique. Rien ,déclare t’elle, dans cette constitution, ne saurait être interprété comme acte d’autorité, et nous invitons cordialement à notre équipe de travail tous ceux qui, bien que différant en conviction, seraient en concordance générale avec notre esprit et nos objectifs pratiques ". Les meneurs de cette période furent Emerson et son idéalisme, et Théodore Parker, avec son acceptation du christianisme comme religion absolue.


La troisième période débutant vers 1885, fut celle du rationalisme, de la reconnaissance d’une religion universelle, de la large acceptation de la méthode et de la théorie scientifique, et d’un effort éthique pour réaliser l’aspiration suprême du christianisme. L’harmonie et l’unité ont atteint un niveau probablement jamais atteint dans aucune autre communauté religieuse. Le nombre des Eglises augmenta régulièrement. L’ouverture fraternelle aux progrès qui caractérise la religion moderne. Cette dernière phase devient évidente à travers l’organisation du Conseil international des penseurs et artisans religieux unitariens et autres libéraux, à Boston, le 25 mai 1900, dans le but " d’établir la communication avec tous ceux qui travaillent en tous pays, désireux d’allier une religion pure à une parfaite liberté, et d’accroître la fraternité et la coopération entre eux ". Ce conseil s’est réuni tous les deux ans, à Londres, Amsterdam et aux USA.


L’unitarisme aux USA a suivi essentiellement le même développement qu’en Angleterre, il a traversé les stades de l’arminianisme, arianisme, anti-trithéisme, puis un rationalisme et un modernisme basé sur une acceptation clairvoyante des résultats d’une étude comparée de toutes les religions. Au seuil du 18° siècle, l’arminianisme fut représenté en Nouvelle-Angleterre et sporadiquement ailleurs, tendance qui fut accentuée par les excès du Grand Réveil mené par Jonathan Edwards et George Whitefield. Avant la Guerre d’Indépendance, l’arianisme émergea dans des cas individuels et les influences françaises en faveur de déisme se répandirent, sans toutefois s’organiser en courant distincts au sein des Eglises.


C’est la Faculté d’Harvard qui, au milieu du 18°, représentait déjà la forme de pensée la plus avancée de l’époque et une vingtaine au moins de pasteurs en Nouvelle-Angleterre avaient une prédication essentiellement unitarienne. Jonathan Mayhew (1720-1766) se distingue comme pasteur de la West Church de Boston de 1747 à 1766. Il prêchait l’unité stricte de Dieu, la nature subordonnée du Christ et le salut individuel. Charles Chauncy (1705-1785), pasteur de la First Church, de 1727 à sa mort, opposant majeur d’Edwards et de son Réveil, était à la fois unitarien et universaliste. Ebenezer Gay (1696-1787) de Hingham, Samuel West (1736-1807) de New Bedford, Thomas Bernard (1748-1814) de Newbury, John Prince (1751-1836) et William Bentley (1758-1819) de Salem, Aaron Bancroft (1755-1836) de Worcester, et bien d’autres étaient unitariens. La première officialisation de la foi unitarienne fut celle de la King’s Chapel à Boston ; elle établit James Freeman (1759-1853) en 1782 et révisa le Prayer Book selon une liturgie unitarienne modérée en 1785.


Le révérend William Hazlitt (père du critique et romancier connu), en visite aux Etats Unis en 1783-1785, publia le fait qu’il existait des unitariens à Philadelphie, Boston, Charleston, Pittsburg, Hallowell, au Cape Cod et ailleurs. Des congrégations unitariennes furent organisées en 1792 par Thomas Oxnard à Portland et Saco. La Première Eglise de Plymouth à Soo accepta une foi plus libérale. John Priestley vint aux USA. en 1794, et organisa une Eglise unitarienne à Northumberland (PA) la même année, et en 1796, une autre Eglise à Philadelphie. Ses écrits eurent une grande influence .Donc, de 1725 à 1825, une croyance plus rationnelle et tolérante s’établit en Nouvelle-Angleterre et au-delà. En 1805, la nomination d’Henry Ware (1764-1845) comme professeur de théologie à Harvard, fut le signe distinctif du changement. La même année sortirent les livres unitariens de John Sherman (1772-1828) et Hosea Ballou (1771-1852) puis, en 1810, celui de Noah Worcester (1758-1837). Au début du 19°, à une exception près, toutes les Eglises de Boston étaient occupées par des prédicateurs unitariens ; leurs opinions étant diffusées dans des périodiques et organismes variés. Durant cette période, des Eglises s’installèrent à New York, Baltimore, Washington, Charleston et encore ailleurs. William Ellery Channing fut installé à l’Eglise congrégationaliste de Fédéral Street de Boston en 1803 (…)
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L’influence d’Emerson est devenue prépondérante à partir de 1885, modifiée par la prédication plus scientifique de Minot J. Savage, qui puisait ses inspirations chez Darwin et Spencer. Au-delà de lui-même, le courant unitarien obtint une large reconnaissance grâce au travail d’hommes public tels que Henry Whitney Bellows et Edward Everett Hale ; il bénéficia aussi de l’influence remarquable de James Freeman Clarke et la popularité de Robert Collyer. Les Eglises unitariennes aux USA était, en 1909, au nombre de 461, avec 541 pasteurs. Le nombre des inscrits dans l’Eglise peut être estimé à 100 000 ; les journaux sont : le Registre chrétien, hebdomadaire publié à Boston ; l’Unité, hebdomadaire à Chicago ; l’Unitarien, mensuel à New York ; L’ancien et le nouveau, mensuel publié à Des Moines ; Le Pacifique unitarien, à San Francisco. Voyez aussi les ouvrages de Joseph Henry Allen, Notre mouvement libéral en théologie (Boston 1882) et Suite pour notre mouvement libéral (Boston, 1897) ; John White Chadwick, Croyances unitariennes anciennes et nouvelles (Boston, 1894) et, particulièrement, de John Ellery Channing L’Unitarisme, son origine et histoire, un cours de 16 lectures (Boston, 1895), George Willis Cooke, l’Unitarisme en Amérique, son origine et développement (Boston, 1902) ; et l’Annuaire unitarien (Boston).

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Published by Christian Phéline - dans CMS articles
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