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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 15:44

Les 8 flammes d'Hanouka (Hanouccah) vues sur le site de Beth Loubavitch , consulté en décembre 2006

L'historique de la fête d'Hanouka

Éternel notre rocher, que notre chant / Loue Ta puissance salvatrice ; / Toi, au milieu de nos ennemis déchaînés, / Tu as été notre tour protectrice. / Ils nous ont attaqués furieusement, / Mais Ton bras nous a soutenus, / Et Ta parole a brisé leur épée / Quand la force nous a manqué.  Maoz Tzur, 13e siècle.

Si les paroles de ce cantique " Éternel notre rocher" de Maoz Tzur expriment le sens traditionnel de la célébration de Hanouka, le Rabbin Nachman (1) propose une autre explication : une fête de paix. Certains voient Hanouka comme une petite occasion pour sortir les ménorahs, les latkes ou beignets, les dreydls ou toupies et les sous de Hanouka. D’autres enfin disent que Hanouka est le " Noël juif ". Ces explications sont-elles exactes ? Pour le savoir, vous devez connaître l’histoire de Hanouka.

Les événements célébrés par Hanouka se sont passés pendant la période des 400 ans qui séparent l’écriture du dernier livre des Écritures hébraïques et le premier livre du Nouveau Testament. Le peuple juif a été soumis à la Perse jusqu’à ce que cette dernière soit vaincue par Alexandre le Grand en 331 avant notre ère. Dix années plus tard, Alexandre mourrait et son royaume était divisé entre ses généraux. Si tous étaient grecs, ils étaient loin de s’entendre. Les Séleucides domineraient la Syrie et les Ptolémées, l’Egypte. La Judée fut prise entre les deux pouvoirs.

Le système de gouvernement des Juifs a changé sous la domination grecque. Les Perses s’étaient contentés de nommer un gouverneur en Israël, gouverneur qui s’occupait essentiellement de faire appliquer les lois civiles impériales et le paiement des impôts. Les nouveaux conquérants grecs ont exigé que les Juifs adoptent aussi leurs pratiques religieuses païennes. Le peuple juif fut ainsi soumis aux Gréco-égyptiens pendant la plus grande part du 3ème siècle avant notre ère.

Les Perses avaient nommé un gouverneur étranger, mais ce ne fut pas le cas des Ptolémées. À la place, le Grand Prêtre d’Israël devait servir à la fois de dirigeant politique et de représentant religieux. Cette autonomie s’accompagnait de pressions pour que le peuple juif se conforme aux coutumes grecques. Cette situation produisit différentes factions politiques en Judée, certaines mieux disposées envers les Gréco-syriens, d’autres envers les Gréco-égyptiens. Les guerres furent fréquentes et à la fin, les Syriens conquirent Israël.

Les Séleucides étaient encore plus décidés à inculquer au peuple la culture et les coutumes grecques que les Egyptiens. Pour se conformer, les Juifs prirent des noms grecs, se mirent à porter des vêtements grecs et adoptèrent les façons de faire grecques. Le monarque syrien (séleucide) était Antiochus IV (pièce de monnaie à son effigie ci-contre). Il s’était fait appeler " Epiphane " (le dieu visible). La fonction maintenant corrompue de Grand Prêtre était assumée par un Juif hellénisé, Jason, qui s’appelait auparavant Josué. Jason était considéré comme un helléniste " modéré " et il fut donc remplacé par un certain Ménélaüs, appelé auparavant Ménahem, encore plus hellénisé.

Les Perses ne recherchaient chez le peuple juif que le butin. Les successeurs grecs d’Alexandre, surtout Antiochus IV, croyaient à la supériorité de la civilisation grecque et voulaient beaucoup plus. L’hellénisme encourageait les poursuites intellectuelles et une société hautement civilisée, mais il intégrait aussi l’idolâtrie et exaltait la sagesse humaine. Les hellénistes n’avaient que du dédain pour la religion juive et la manière de vivre juive et ils décidèrent de " civiliser " le peuple de Judée en les forçant à entrer dans le moule grec.

Seuls ceux qui se détourneraient des " anciennes manières de faire " et adopteraient les nouvelles, y compris l’adoration des dieux grecs, pourraient avoir une place dans cette société grecque idéalisée. Il fut décrété que : " Quiconque refusera sera mis à mort ". Et beaucoup le furent. Ce rejet de l’hellénisme rendit furieux le roi syrien et ce fut la persécution décrite dans 1 Maccabées :

" Les Livres de la Loi qu’ils (les hellénistes) trouvaient étaient mis en pièces et brûlés. Si quelqu’un possédait un livre de l’alliance ou respectait la Loi, le décret royal lui imposait la peine de mort. Mois après mois, ils brutalisèrent tous les Israélites qu’ils trouvaient dans les villes… Selon le décret, ils mirent à mort les femmes qui avaient circoncis leurs enfants, suspendant les nouveaux-nés autour de leurs cous ; et ils mettaient à mort toute la famille de ceux qui avaient circoncis des bébés… "

Le Saint Temple fut souillé. L’autel d’or, les candélabres et tous les ustensiles d’or et d’argent du Temple furent pillés et désacralisés. Et pour montrer son mépris souverain envers le judaïsme, Antiochus IV offrit une truie sur l’autel pour honorer le dieu grec, Zeus.

Durant ces sombres moments d’horreur, on raconte que Mattathias, un vieux prêtre de Modin, défia un soldat syrien qui lui avait ordonné de s’incliner devant une idole. Il le frappa et s’enfuit dans les collines de Judée. Avec ses cinq fils et quelques Juifs fidèles, Mattathias forma un groupe de combattants. Ils étaient fidèles au Dieu d’Israël, ne voulaient pas accepter l’idolâtrie grecque et, avec zèle et mépris, rejetaient la culture grecque. On les appelait les Hasmonéens, bien que personne ne sache d’où vient ce nom.

Contrairement aux autres résistants juifs, ils croyaient que pour se défendre, on pouvait se battre le jour du Chabbat. Jusque-là, les Grecs réussissaient à les battre en ordonnant de les attaquer le jour du Chabbat. Les résistants connurent bien des succès dans leurs échauffourées courageuses contre les soldats syriens. Le nombre de rebelles augmenta ainsi que leur capacité de combat et ils nuisirent grandement aux forces syriennes grâce à leur tactique de " frapper et s’enfuir ".

Selon ce récit extrabiblique, Mattathias mourut un an après et son fils Judas pris sa suite. On l’appelait " Maccabée ", ce qui signifie " marteau ", car on disait qu’il était le marteau de Dieu pour frapper les Syriens. La légende et l’histoire semblent bien emmêlées, mais il semblerait que ces valeureux combattants juifs résistèrent pendant trois ans de combats, d’attaques surprises ou nocturnes et d’embuscades.

Antiochus envoya son meilleur général, Lysias, pour détruire les Hasmonéens. Du haut de leur camp de montagne, un groupe de 3 000 Juifs observèrent 47 000 soldats syriens avancer dans la plaine pour les affronter. L’histoire raconte que le groupe fidèle des Maccabées, avec Dieu de leur côté, fut victorieux des Syriens à Emmaüs.

Judas Maccabée entra dans Jérusalem et purifia le Temple. On arracha les idoles et l’autel qui avait été souillé par le sacrifice de porcs fut enlevé et un nouveau construit. On fabriqua de nouveaux récipients sacrés. On fixa une date pour la nouvelle dédicace du Temple, le 25 du mois de Kislev, le jour même où Antiochus avait proclamé son décret trois ans auparavant.

Selon la tradition, quand Judas offrit des prières de dédicace dans le Temple en 165 avant notre ère, on ne trouva qu’un seul récipient d’huile sanctifié – juste assez pour un seul jour. Miraculeusement, cette huile brûla pendant huit jours. C’est ce que l’on commémore en allumant les bougies pendant huit jours.

NOTE :

1 Rabbi Yaakov Bar Nachman, The Hanukkah Haggadah, (San Francisco : Barah Books, 1986), p. 17

première partie de "Une lumière pour deux croyances", article de Susan Perlman mis en ligne sur le site "Juifs pour Jésus" (mouvement présenté dans nos "Actualités unitariennes",  dans le message du 11 avril 2007 "Les Juifs qui aiment Jésus sous le coup de la lapidation", rubrique Judaïsme)

Lire la suite (du même auteur) "la fête juive d'Hanouka et la Noël des chrétiens" dans le message suivant.

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Published by Susan Perlman - dans des fêtes et des rites
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