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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 12:58

Les unitariens étaient nombreux parmi les membres de la Société lunaire, cette société savante anglaise, de la fin du 18ème siècle, à laquelle appartenaient des hommes de science aussi prestigieux que James Watt (l’inventeur de la machine à vapeur) ou le chimiste Joseph Priestley (qui isola l’oxygène pour la première fois). Priestley lui-même fut ministre du culte et défenseur ardent de l’unitarisme.

A cette même société, qui se réunissait les soirs de pleine lune dans la région de Birmingham, appartenaient aussi les deux grands-pères de Charles Darwin : Erasmus Darwin, médecin, naturaliste, libre penseur et franc-maçon, et Josiah Wedgwood, qui initia la fabrique de porcelaine Wedgwood dont la renommée s’étendit jusqu’à la cour des rois.

Josiah était notoirement unitarien. Il en fut de même pour la majorité de ses enfants et en particulier pour sa fille Susanah, la mère de Charles Darwin. Charles, enfant, accompagna sa mère à l’église unitarienne de Shrewsbury (Le souvenir nous en est rappelé par une plaque présente aujourd’hui dans cette église).
Susanah mourut lorsque son fils avait huit ans. Par la suite, Charles s’éloigna de cette Eglise et, lorsqu’il envisagea de devenir pasteur, il choisit l’Eglise officielle : l’Eglise d’Angleterre. Mais il ne devint jamais pasteur et, après son long périple autour du monde, se contenta d’être naturaliste à la campagne.


Il retrouva l’Eglise unitarienne en épousant sa cousine Emma Wedgwood, elle aussi petite-fille de Josiah Wedgwood. A l’époque de son mariage, déjà, il s’était éloigné des convictions qui avaient fait de lui un fervent adepte de la " théologie naturelle ", cette théologie qui prévalait au 18ème siècle et qui expliquait tous les ajustements de la Nature par l’Intelligence de Dieu. Avec le temps, il allait montrer que la sélection naturelle peut, dans la durée, rendre compte de ces adaptations si caractéristiques dans le monde vivant. Sur le plan religieux, il devenait agnostique.

Emma, sa femme, souffrit de cet abandon de la foi par son mari, mais elle ne fit pas d’objections à ses recherches "  vous ne pouvez être dans l’erreur ", lui écrivait-elle,lorsque vous agissez selon votre conscience, souhaitant, en vous y efforçant sincèrement d’atteindre la vérité ".
Ne sachant plus s’il croit encore au Dieu créateur, Darwin défendra cependant jusqu’au bout ce qu’il appelle " la forme religieuse la plus élevée " : " l’idée d’un Dieu abhorrant le péché et aimant la justice ".

Alors que nombre de ses partisans (eugénistes), dans la seconde partie de 19ème siècle, verront les pauvres et les indigents comme des ennemis de la société, Darwin, lui, affirmera sa compassion : " Nous ne saurions restreindre notre sympathie, en admettant même que l’inflexible raison nous en fit une loi, sans porter préjudice à la plus noble partie de notre nature ".
N’avons-nous pas là l’écho de ce que Darwin entendit dans la bouche de sa mère et dans celle de sa femme ?

A l’heure où des chrétiens fanatisés s’attaquent à Darwin comme à un suppôt de Satan, on peut espérer que l’Eglise unitarienne, historiquement si proche de la science, tiendra
toute sa place, entre autres à Shrewsbury en particulier, lors des évènements qui célèbreront le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin, l’homme qui écrivit L’Origine des espèces !

texte de Christiane Silliau, Grande-Bretagne, envoyé à la Correspondance unitarienne le 2 octobre 08. Les domaines de  compétence de l'auteur sont la biologie et la philosophie des sciences ; elle s'intéresse entre autres à Emma Darwin et à Jérôme Monod. 
 

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Published by Christiane Silliau - dans sur l'unitarisme
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