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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 22:33

Le vol. 4, n° 1 de 2008 de la Tribune libre unitarienne est consacré à la reconnaissance et la promotion de la valeur et la dignité intrinsèques de toute personne, soit le premier des sept principes des unitariens universalistes. Il a été piloté par Maurice Cabana-Proulx qui en signe l'éditorial.

Au sommaire :

Réflexions sur le premier principe : célébration de la valeur et la dignité intrinsèques de toute personne, par Frances Deverell, pasteur de la First Congregation of Ottawa

Successivement évocation de l’histoire de Michel Servet ; l’étincelle divine présente en chacun de nous que William Ellary Channing évoqua dans son sermon intitulé " La ressemblance à Dieu " ; l’universalisme en réaction avec les mouvements de Réveil au début du XIX° siècle, et l’action du père Roy Bourgeois, fondateur du SOA Watch qui milite pour la fermeture de la School of the Americas WHINESC/SOA, située à Fort Benning aux Etats-Unis, où l’on enseigne les techniques contre-révolutionnaires. Cette histoire, marquée par une exigence de rationalité fait que ce sont condensés des valeurs :

Ici nous n’avons pas de credo ou de dogmes. Nous sommes toujours en quête de la vérité, sachant que la vérité évoque un univers qui se renouvelle continuellement. Chaque personne suit son propre cheminement et est responsable de découvrir la vérité par elle-même. Nous valorisons votre curiosité et vos questions.

Cette recherche, par contre, ne peut se faire en vase clos. Même si nous sommes libres de définir nos propres croyances, cela ne veut pas dire que l’on peut croire à n’importe quoi. Depuis quatre siècles, nous avons élaboré un noyau de valeurs essentielles qui s’incarnent dans nos sept principes. Ceux-ci nous servent de guide dans nos efforts pour comprendre le sens de notre vie et orienter notre façon d’agir en ce monde ".

Les droits de l’Homme au cœur de la toile interdépendante, par Susan Van Dreser ("Love is a conversion to Humanity" , allocution du 11 décembre, 2005 à la First Unitarian Church de Winnipeg, traduit de l’anglais).

La déclaration des valeurs ne sert à rien s’il n’y a pas engagement de notre part. De même, la liberté de croyance n’est pas une indépendance d’esprit critique comme par exemple dans le cas des Européens qui s’autocensurent et n’osent plus parler de l’islam depuis l’assassinat du cinéaste Theo Van Gogh. " (…) nous devons être sensibles aux autres religions. Et c’est la raison pour laquelle nous devons apprendre à les connaître, ainsi que leurs adeptes. Mais la sensibilité n’exclut ni le questionnement ou la mise en cause. Justement, une société démocratique exige le questionnement et le défi, de même que la survie des droits de l’homme exige l’engagement ".

Faut-il défendre les droits de l’homme tout azimut dans le monde entier ? Le conseil est plutôt de faire ici et maintenant, à notre dimension. Conformément à un aphorisme du bouddhisme : " Ne faites rien, restez où vous êtes. Respirez et réfléchissez pour un instant ". " Ce que nous faisons ici et maintenant, nous le faisons pour la toile interdépendante car nous en faisons partie. Nous ne sommes pas une entité à part. Partons d’où nous sommes ".

Steve et Azmi : Une amitié israélo-palestinienne, par Maurice Cabana-Proulx
Steve a vécu dans les banlieues rouge de New-York et il en a conservé la tradition progressiste. Maintenant à Jérusalem, il loue une chambre à un étudiant palestinien en lui proposant un pacte d’amitié.

Que veut dire raisonnable ? par Diane Rollert, pasteur de l’Eglise unitarienne de Montréal ; allocution à l’Église unitarienne de Montréal, 11 novembre 2007, traduit de l’anglais.

Chaque année, au mois de septembre, à la reprise des cultes après les vacances d’été, l’Eglise de Montréal organise une cérémonie de l’eau où chacun apporte un peu d’eau de l’endroit où il a été. Ces apports sont mis en commun pour célébrer l’unité de la communauté. Or, la responsable de la sécurité communautaire de la Ville, une docteur, s’est enquis pour savoir si toutes les précautions avaient été prises pour garantir la pureté de ces eaux ; et de conseiller de les bouillir !

Sur ce, l’auteur embraye sur la Commission Bouchard-Taylor mis en place par le Premier ministre Jean Charest en février 2007 et dont le mandat est de déposer des recommandations de pratiques d’accommodements conformes aux valeurs pluralistes, démocratiques et égalitaires de la société québécoise. Elle donne un avis modéré : restons ouvert aux étrangers afin de mieux les connaître ; certaines pratiques culturelles de ceux-ci ne remettent pas en cause l’équilibre de la société d’accueil et peuvent donc être acceptées.

Accommodements déraisonnables
: réponse à Diane Rollert, par Fabrice Descamps

Critique de la tolérance qui conduirait au relativisme car l’existence de la Vérité, indépendamment des points de vue individus, est précisément ce qui permet la recherche et le dialogue.

Par exemple la non discrimination entre les sexes, qui par exemple en France a été mise à mal par le port du voile à l’école. A ce sujet, l’auteur témoigne de son expérience d’enseignant : " J'ai travaillé dans un collège à côté de Lille qui est bien connu en France : c'est l'un des premiers collèges à avoir exclu des élèves qui portaient le hijab, le voile islamique. Deux de ces élèves, outre qu'elles refusaient de l'enlever, refusaient aussi d'aller en cours de biologie parce qu'elles étaient créationnistes, en physique, parce que le hijab était interdit lors de certaines manipulations chimiques ; elles refusaient d'aller en sport et elles refusaient d'assister au cours d'histoire quand il parlait d'Israël, sans parler du porc à la cantine évidemment. Et, quand on leur demandait de faire des concessions, c'était toujours le même refrain : " En portant le hijab ou en refusant d'aller à certains cours, je me fais peut-être du tort à moi-même, mais je ne fais aucun tort aux autres".

Or, il y a des accommodement déraisonnables qui sont la porte ouverte à des dérives.

Les accommodements raisonnables et la valeur sacrée de la personne dans les Chartes québécoise et canadienne , par Léo Poncelet

L’auteur voit l’intégration des étrangers par l’adoption de la langue du pays qui, au Québec, est le français. " (…) c’est parce que la langue unit que les Québécois peuvent prétendre aujourd’hui intégrer ceux qui sont issus de l’immigration dans une société québécoise ouverte et laïque dont la langue commune serait le français, sans égard à l’origine ethnique et à la religion. L’option, par les Québécois, d’un espace public laïque et francophone sur ce coin d’Amérique de la vallée du Saint-Laurent, a une profonde racine historique et culturelle. Si la discussion publique sur les accommodements raisonnables cause autant de remous, c’est qu’elle remet en question ce grand projet de société pour lequel tant de Québécois ont lutté et éprouvent encore un fort attachement. "

Option de l’auteur pour une laïcité ouverte qui inclus le religieux dans l’espace public dès lors qu’il n’est pas une emprise ou une domination.
Parallèle entre une Charte canadienne qui reconnaît le communautarisme et la Charte québécoise fondamentalement personnaliste. " La Charte québécoise ne reconnaît que le droit à la différence, non la différence des droits. La Charte canadienne des droits et libertés joue donc à l’encontre de la Charte québécoise en voulant superposer la différence des droits au-dessus du droit à la différence. D’abord, elle est fondée sur la reconnaissance de la suprématie de Dieu dans le cadre d’un régime monarchique, ensuite la personne n’a qu’une place secondaire. Au lieu d’accorder une valeur sacrée à la personne, elle s’en méfie, met un peu partout des freins à sa liberté. La personne se cache derrière le port du masque du multiculturalisme. La Charte canadienne accorde la différence des droits à une mosaïque de groupes au sein de la société canadienne dont la langue commune est l’anglais à toutes fins utiles … ".

Léo Poncelet, éditeur de la Tribune libre unitarienne devant le Musée national de l'histoire sociale et humaine du Canada, à Ottawa, mai 2008, photo Jean-Claude Barbier.

 

Habeas Corpus, par Maurice Cabana-Proulx
L’auteur met en exergue de son article cette citation de Benjamin Franklin " Ceux qui sacrifieraient leurs droits fondamentaux en échange d'un peu de sécurité passagère ne méritent ni les droits fondamentaux, ni la sécurité ", car il dénonce la légèreté avec laquelle seraient menées au Canada, au regard des droits de l'Homme, les mesures de sécurité à l’encontre de personnes soupçonnées de terrorisme.

Les UUU (Unitariens Universalistes Unilingues) et la dignité intrinsèque de la langue française : Un témoignage, par Maurice Cabana-Proulx
L’auteur est intervenu auprès du Conseil unitarien canadien (CUC) afin que des textes présentant la rencontre nationale d’Ottawa en mai 2008 soient traduits en français. De guerre lasse, il exprime son impatience. De l’avis de l’auteur le CUC est loin de ce qu’il aurait pu et dû faire. Au-delà de cette relation particulière, il faut y lire la pesanteur des institutions, unitariennes y comprises, et l’exaspération des pionniers qui voudraient que les choses aillent (beaucoup) plus vite ! Sans doute les associations et mouvements sont-ils plus à même d’aller de l’avant.

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Published by Jean-Claude Barbier pour les résumés - dans Tribune libre unitarienne
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