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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 14:22

"Des origines du christianisme aux cathares et des cathares à nous" par Pierre-Jean Ruff, Cahiers Michel Servet, n° 7 février 07, 16 p. + couv., préface de Michel Jas.

Préface de Michel Jas*

 

" Ceux qui furent brûlés nous dirent, dans leur défense, que cette hérésie était demeurée cachée jusqu’à nos jours depuis le temps des martyrs (c.-à-d. des Apôtres) et qu’elle s’était maintenue en Grèce et en d’autres terres. " écrivait Evervin, depuis une abbaye de Rhénanie, Steinfeld, vers 1143. Cette prétention à une antériorité du catharisme remontant à l’Antiquité a été contestée par les historiens. Nous savons aujourd’hui qu’il n’y a pas de lien entre cette minorité chrétienne médiévale et le manichéisme (qui fut lui une religion distincte du christianisme) dont on les a accusés pour pouvoir les condamner à la peine capitale, ni avec les autres gnostiques des premiers siècles chrétiens. Leur dissidence fut en grande partie endogène au Moyen Age.

Il n’empêche que nombre de parentés théologiques et spirituelles entre ces grands mouvements contestataires ne manquent pas de nous interroger. Particulièrement dans leur dépendance à l’égard de Jean (évangile et épîtres) : les gnostiques de l’Antiquité comme les cathares du Moyen Age pouvaient expliquer que " tout esprit qui confesse Jésus-Christ, venu dans (en, et non pas eis) la / sa chair est de Dieu " (in carne –et non pas in carnem-1 Jean 4/ 2) signifiait l’existence d’une autre dimension, sorte de double, " chair glorieuse " et non pas l’incarnation selon l’interprétation catholique. La théologie cathare par sa négation de l’enfer, au-delà, et des miracles, ici bas, est sur plusieurs points assez proche du libéralisme protestant. Toutefois Pierre-Jean Ruff fait bien de rappeler que les cathares n’étaient pas unitariens. Souvent, ils usaient de formules trinitaires (sans dogmatisation) ; les gnostiques valentiniens furent de leur côté peut être même les inventeurs de la Trinité (les Valentiniens aimaient, eux, spéculer !).

On ne peut qu’apprécier les réflexions actualisantes et pistes ouvertes par ce cahier. Pierre-Jean Ruff nous avait déjà initié à ce type de recherche avec "  Le christianisme des Bonshommes, message des cathares pour aujourd’hui " (en collaboration avec Anne Brenon, éditions du Foyer de l’Âme) et chez d’autres éditeurs : " Un seul Dieu ? ou le problème du mal " et "  Souffle des quatre vents, plaidoyer pour l’Esprit et la mystique ".

Je trouve intéressant cet a priori positif pour des vaincus de l’Histoire même si la cohérence de leur théologie ne peut qu’être reconstruite aujourd’hui par approximations. On ne peut s’extraire de l’élément subjectif. Les cathares que j’étudie me paraissent plus proche des Zundel, Varillon, Varone, Marcel Légaut, Wilfred Monod, Cobb, Berdiaeff (donc d’un certain libéralisme théologique oecuménique) que des théologiens cisterciens ou dominicains qui les persécutèrent. La vérité du christianisme se trouve souvent dans les marges de l’Eglise ! Et les marges de l’Eglise ne sont pas formées de séparations étanches ! Il y eut un temps ou les gnostiques et les cathares se situaient à l’intérieur de la grande Eglise. 

Les Valentiniens – à la différence des marcionites - participaient aux liturgies de l’Eglise pré-catholique et furent sans doute persécutés au même titre que les autres chrétiens par les empereurs de Rome ! Les cathares avant la croisade et l’Inquisition demandaient à leurs fidèles de ne pas mépriser leur premier baptême (le consolamentum étant sans doute compris comme une confirmation du baptême catholique ou un supplément d’âme). Autrement dit les fidèles cathares qui avaient tendance à " mépriser " le catholicisme se situaient dans les marges internes à la chrétienté. Ce qui renvoie à la pratique d’une double appartenance.

* président de l’association Evangile et liberté, auteur de " Braises cathares " et de " Les cathares à Montpellier "

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Published by Michel Jas - dans CMS articles
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