Partager l'article ! CU 77, mars 08 - le christianisme endogène: par Albert Gandonou, fondateur du mouvement Chrétiens pour changer le monde, http://www.cpcm-benin. ...
la besace des unitariens
le site documentaire de la Correspondance unitarienne
La besace qui contient le pain du voyage, de l’exil, de l’itinérance – tel fut le destin des premiers unitariens aux XVIe et XVIIe siècles, chassés des villes catholiques, luthériennes et calvinistes à cause de leur anti-trinitarisme, quand ils n’étaient pas décapités ou brûlés vif sur place. Avec les cathares, les vaudois, les lollards, les hussites, les huguenots et bien d’autres, ils furent les hérétiques de la chrétienté, ne manquant jamais d’emporter dans leur besace de proscrits, à côté de la miche de pain, une bible et leurs écrits. Ce site est un hommage à eux rendu.
Vous y trouverez la littérature francophone concernant l’unitarisme : une bibliographie, le sommaire des bulletins internes des associations, la référence d’articles déjà publiés ou leur reproduction, etc. Voilà une bien grande et lourde besace ! mais vous pourrez, à votre tour, la transporter, grâce aux miracles de l’informatique, avec une clef USB !
Pour les unitariens, loin des dogmes et des " mystères " théologiques, la religion va de pair avec la raison, les connaissances scientifiques et l’expérience vécue et intime de chacun. La lecture des connaissances acquises, l’étude attentive des réflexions d’autrui, la communication des idées ont toute leur valeur.
contact : correspondance.unitarienne@wanadoo.fr
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par Albert Gandonou, fondateur du mouvement Chrétiens pour changer le monde, http://www.cpcm-benin.org , conseiller honoraire de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), extrait du discours tenu à Ouidah, au Bénin, le dimanche 20 janvier
2008, à la " Marche du repentir " (pour inviter les Béninois à se repentir de leur participation à la traite des
esclaves),
La vérité sur Jésus, selon Chrétiens pour changer le monde, la voici en deux mots :
1) Jésus, c’est l’endogène par excellence.
Il n’a pas fondé de religion : il est resté fidèle à celle de ses ancêtres toute sa vie. Sa religion, ce n’est pas le christianisme, mais le judaïsme qui se pratique toujours. Jésus se
comporte en bon juif quand il se rend dans les synagogues ou au Temple à Jérusalem, quand on lui donne à lire une page du prophète Isaïe, ou quand, en bon rabbin, il enseigne la règle d’or :
" Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur et de tout ton esprit ; et tu aimeras ton prochain comme toi-même ". (Mc 12, v. 29-31; cf. Lév. 19
v.18).
Suivre Jésus, ce n’est donc pas avoir à renoncer à sa religion, à sa culture. Au contraire, c’est reconnaître que la religion est un fait culturel, social, qu’il n’y a pas de communauté humaine
sans langue, sans religion, sans ordre social. Et chacun, autant que faire se peut, est appelé à développer les siennes pour le plus grand bénéfice de la diversité
culturelle.
De même qu’il n’y a pas de langue plus valable que d’autres, de même il n’y a pas de religion plus vraie que d’autres. Jésus n’est pas venu nous apporter une religion soi disant la vraie, que
nous devons chercher à imposer aux autres. Toute religion est vraie religion, religion de " sacrifices et de sacrificateurs ", religion du décalogue, c’est-à-dire des commandements si
indispensables pour le vivre ensemble dans nos sociétés.
Pas de communauté humaine sans langue, sans religion, sans commandements : Tu ne voleras pas, tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne mentiras pas, tu honoreras ton père
et ta mère… Partout, des prêtres et des prêtresses, des lieux sacrés, des objets du culte, des jours sacrés, etc. Jésus nous laisse à nos religions. Toutes les religions sont au service
de l’ordre social et de la promotion humaine.
Au-delà de leur diversité, les religions ont un fond anthropologique commun : la mise en relation avec la transcendance au nom varié (Zeus, Dieu, Allah, Mawou, Vodun, God, Olou, etc.). La
religion comme la langue est un produit des communautés humaines ; sous ce rapport, elle est un fait socioculturel. Mais le fond anthropologique commun propre aux différentes religions les
rend aptes à être transculturelles.
L’homme commence souvent par la religion de ses pères mais, comme pour les langues, il peut trouver son compte en passant d’une religion à l’autre. La religion de Jésus, nous l’avons dit, c’est
le judaïsme, la religion de ses pères. Il y est resté toute sa vie. Mais à la Samaritaine, il a pu dire que la religion, dans sa forme habituelle, sociologique, n’était pas un absolu. Il peut
être donné à certains de s’en passer pour chercher Dieu au fond d’eux-mêmes et l’adorer en esprit et en vérité. Chaque personne humaine est en effet un temple vivant de Dieu et, le plus souvent,
c’est en ce temple que Jésus priait. C’est en ce temple qu’il nous invite à prier, dans le secret. Le temps de comprendre cela vient, et pour certains il est déjà là.
Mais en attendant de comprendre cela, et tant qu’on a besoin des béquilles d’une religion établie quelconque, il importe de se dire que toutes les religions sont vraies et sont un secours pour
nos fragilités et nos angoisses. Elles correspondent à un besoin de l'homme et l'homme de tout temps en a été le créateur. Jésus n’est pas venu fonder une nouvelle religion. Sans lui, nous avons
toujours su nous débrouiller comme il faut dans ce domaine.
2) Qu’est-ce donc que la bonne nouvelle de Jésus-Christ ?
C’est avant tout un message de joie, destiné à nous rendre heureux. C’est pourquoi il est si bien nommé " bonne nouvelle ". Jésus est venu pour nous parler de miséricorde, nous proposer
le vrai visage de Dieu qu’il appelle " Abba", Papa, Père très aimant. Il nous appelle à sortir de notre paradigme habituel, qu’est l’égocentrisme. Il nous invite à opérer pour notre bonheur
le choix entre Dieu et Mammon.
Dieu, c'est le souci de l'autre jusqu'au sacrifice de soi si nécessaire. Mammon, c'est le souci de soi jusqu'à la mort des autres (on s'en fout !) si nécessaire. Dieu et Mammon sont en
interaction en chacun d’entre nous. Mais Jésus est venu nous dire que pour être heureux, c'est Dieu qu'il nous faut suivre. Ce qui pour chacun de nous est un paradoxe parfois trop
difficile à vivre, à accepter. Mais Jésus nous dit que c’est la seule voie du bonheur pour nous : se trouver en se perdant… Par l’exemple de sa vie et de sa mort, il nous invite à prendre
cet appel divin au sérieux.
D’une manière générale, Jésus a choisi de servir Dieu, c’est-à-dire d’aimer les autres jusqu’au don total de lui-même. D’une manière plus concrète, il a choisi de défendre les droits de l’homme,
de combattre l’exclusion sous toutes ses formes. Après s’être fait sa propre idée de la situation, Jésus a identifié l’exclusion comme le mal suprême dont il faut délivrer les hommes. A ses yeux,
la propension à exclure son semblable, son prochain, est la tare la plus caractéristique de l’humanité. Et il a décidé de s’y attaquer. Il a choisi de se faire le champion toutes catégories des
droits de l’homme, l’anti-exclusion par excellence. Il a choisi d’élargir la fraternité humaine : Vous quand vous priez, dites : " Notre Père qui es aux cieux… ". Vous êtes
tous frères. Vous êtes des dieux !
Comment devenir disciple de l’homme Jésus ?
C’est en changeant de comportement et non forcément de religion. Ce que Jésus nous demande c’est de suivre son exemple, c’est de faire comme il a fait au milieu de nous, en nous souciant de
l’homme, notre prochain : " Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat ".
C’est de devenir capables de pardon et de partage. Partage d’avoir, de savoir et de pouvoir. Le pouvoir est partagé quand il est mis au service des autres, quand le plus grand se fait
véritablement et non métaphoriquement le serviteur de tous, quand il fait passer l’intérêt des autres avant le sien.
Ainsi la bonne nouvelle de Jésus concerne au premier chef notre bonheur sur cette terre : c’est pour que nous soyons heureux sur cette terre qu’il est venu, et non pour nous donner une
religion de plus ! Ce que Jésus attend de nous, c’est le dialogue entre des religions qui se reconnaissent les unes les autres comme des religions. C’est la fin de toutes les formes
d’exclusions et de dénigrements en matière religieuse. Il faut lire Celse, un philosophe platonicien de langue grecque du IIe siècle après J.-C., pour se souvenir que le christianisme, quand les
hommes l’ont créé à la mort de Jésus, a commencé comme une secte du judaïsme, une " petite " religion (par le nombre de ses adeptes).
Le dialogue inter religieux, c’est reconnaître partout le fond anthropologique commun et respecter l’humanité à l’œuvre dans toutes les religions, comme dans toutes les langues. C’est aussi
reconnaître et respecter les différences culturelles et historiques. C’est nous tolérer les uns les autres entre croyants. Toutes les religions sont vraies si tant est qu’elles sont ordonnées
pour le bonheur de l’homme et pour son élévation humaine et spirituelle.
C’est dès ici-bas que nous avons à éprouver que l’Evangile est vraiment quelque chose de nouveau, de bon, de différent. Et non dans un paradis extra-terrestre, qui nous amènerait à bâcler notre
vie ici-bas !