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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 11:25
document préparatoire à un café-rencontre qui a été organisé le samedi 27 octobre 2007 à Cotonou, au Bénin, par le mouvement " Chrétiens pour changer le monde ". Albert Gandonou, Béninois, est fondateur et animateur de ce mouvement. Il est par ailleurs conseiller honoraire de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens depuis 2006. Pour en savoir plus sur ce mouvement né en Afrique http://www.cpcm.org (en lien sur le site de l’AFCU)

 

" Chrétiens pour changer le monde " peut reprendre à son compte cette parole du frère Alois dans Lettre de Taizé, n° 256 d’octobre-novembre 2007 : " Enracinés dans le Christ, nous nous découvrons une capacité d’ouverture envers tous, aussi envers ceux qui ne peuvent croire en lui ou qui lui sont indifférents ". Croyants nous-mêmes, nous sommes respectueux et du fait religieux et de tout croyant en qui nous voyons avant tout notre semblable, un frère qui comme nous est conscient de sa fragilité et de son besoin de Dieu. Au demeurant, nous sommes confortés par les temps que nous vivons : les plus grands scientifiques et les hommes de foi s’interrogent ensemble devant le monde invisible, le monde inaccessible à l’esprit de l’homme, le monde au-delà de la matière, de l’espace et du temps.

L’homme sait enfin qu’il participe à quelque chose qui le dépasse et qui a un sens. Que nous ne puissions pas savoir par des méthodes rationnelles ce qu’est ce quelque chose et ce qu’est ce sens ne doit pas nous décourager. Bien au contraire, cela doit être une incitation pour chacun d’entre nous à chercher par nous-même notre propre réponse. A effectuer notre propre synthèse en veillant à ce qu’elle repose toujours sur ces deux piliers : le souffle que fournit la transcendance et la consistance que donne la raison ". (Jean Staune, Notre existence a-t-elle un sens ? Une enquête scientifique et philosophique, Paris, Presses de la Renaissance, mars, septembre 2007).

Nous sommes là pour écouter, en hommes de foi, un musulman nous parler de sa foi. Nous sommes là pour apprendre de lui : notre ignorance de l’autre croyant est souvent crasse ! Nous sommes là pour méditer ce qu’il nous dira : par les autres croyances et les autres religions, Dieu a quelque chose à nous dire.

Dans une telle vision, les religions sont comme des trous de serrure dans des portes donnant sur une immense pièce. Chaque trou permet de voir un aspect différent de la pièce avec parfois des recouvrements. " (Jean Staune, op. cit, )

Notre affaire, ce n’est pas les points de divergence doctrinale : il y en a tellement et ils nous divisent tant, nous distraient même, pensons-nous, de l’essentiel ! Ce qui nous préoccupe, c’est ce que les croyants et les hommes de bonne volonté peuvent faire ensemble pour que notre monde aille mieux, pour que les hommes vivent en frères, soient miséricordieux les uns pour les autres, pour qu’ils se pardonnent, aient le souci les uns des autres, pour qu’ils pensent partage enfin et non plus seulement profit, exclusion, exterminations, guerres…

" Longtemps, les adorateurs de Dieu ont gouverné le monde. L’ont-ils fait selon sa loi ? Je ne sais pas… J’ai appris qu’au pays des Blancs, la révolte contre la misère ne se distingue pas de la révolte contre Dieu. L’on dit que le mouvement s’étend, et que, bientôt, dans le monde, le même grand cri contre la misère couvrira partout la voix des muezzins. Quelle n’a pas dû être la faute de ceux qui croient en Dieu si, au terme de leur règne sur le monde, le nom de Dieu suscite le ressentiment des affamés ? " (Cheikh Hamidou Kane, L’aventure ambiguë, Paris, Gallimard, coll. 10/18, 1961)

Nous avons connaissance d’un certain nombre de grands théologiens chrétiens qui travaillent, de nos jours, avec beaucoup de rigueur et de sérieux dans le sens de la rencontre du christianisme avec les autres religions : le P. Jacques Dupuis, jésuite belge qui a vécu une quarantaine d’années en Inde, professeur à l’Université grégorienne de Rome, le P. Michaël Amaladoss, jésuite lui aussi, qui est indien, etc. L’un d’eux, le P. Claude Geffré, un dominicain français de renom, qui a dirigé l’Ecole Biblique de Jérusalem pendant plusieurs années, a eu cette parole que le Vatican ne lui pardonne pas jusqu’aujourd’hui puisqu’il vient d’empêcher que la faculté de théologie catholique de Kinshasa lui remette un doctorat honoris causa. Mais cette parole la voici : " Je considère seulement qu’on peut porter un jugement positif sur l’islam comme avertissement prophétique en matière de fidélité à un monothéisme strict ". Quant à nous, à " Chrétiens pour changer le monde ", cette parole et d’autres contribuent à changer notre regard sur l’islam.

A " Chrétiens pour changer le monde ", notre attachement est grand à l’homme Jésus. Nous avons découvert qu’il en était de même dans le Coran. Ce verset du Coran nous a toujours interpellés : " Quand le fils de Mariam a été donné pour exemple, son peuple s’écarte de lui ". Jésus donné pour exemple ! Pour nous révéler le vrai visage du Dieu de miséricorde qu’aucune de nos sociétés n’a su inventer.  Pour nous montrer comment vivre pour être heureux, pleinement hommes, et ainsi plaire à Dieu…

La miséricorde, justement, est un mot qui revient à chaque page du Coran. L’exemple-appel de Jésus, c’est la miséricorde. Nous sommes appelés à nous laisser toucher jusqu’aux entrailles, jusqu’au plus profond du cœur, par la misère d’autrui. Comment contribuer, en tant que chrétiens et musulmans, au triomphe de la miséricorde sur notre terre ?

Pour moi, la nouveauté chrétienne, c’est que le salut se fait dans la vie profane ; il ne dépend pas du respect des innombrables préceptes de Dieu, mais du service rendu à son prochain. Se faire le serviteur des autres, telle est la voie de l’Evangile. C’est aussi un message de salut universel, puisqu’il n’est lié à aucun culte et ne rejette personne du salut : est sauvé celui qui se fait le prochain de tout prochain, à l’exemple même de Jésus. Le cas échéant, ceci peut demander le sacrifice de sa vie… Je dirais même : l’homme peut se libérer du culte de Dieu. Dieu n’en a pas besoin. D’ailleurs, il n’en a jamais eu besoin et n’en réclame pas. Le meilleur culte à lui rendre, c’est le service du prochain, l’amour des autres, la justice rendue à tous, à la suite de Jésus lui-même. Voilà la Bonne Nouvelle ! " (Père Joseph Moingt).

L’idée d’une grande rencontre entre " Chrétiens pour changer le monde " et des musulmans : est-ce possible, envisageable, souhaitable, réalisable ? Et dans quel esprit ? Ce café rencontre a aussi pour but de nous permettre d’en décider à bon escient. 

En réaction contre le cléricalisme des Eglises nées des missions et contre une dogmatique étrangère à la culture africaine, des mouvements de chrétiens libéraux naissent en Afrique noire. Ils sont porteurs d’avenir. Les chrétiens unitariens les encouragent, voir http://afcu.over-blog.org, rubrique " relations extérieures ".

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Published by Albert Gandonou - dans CU 2007 - articles
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