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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 11:17
s.d., document non publié, 20 lettres, 49 p., Lettre n° 2, pp. 3-4.

Vous me confirmez donc votre volonté de vous engager sérieusement dans la vie intérieure, et vous m’interrogez, entre autres, sur la nécessité de trouver un " gourou ". Et vous me citez divers Maîtres hindous qui insistent sur cette nécessité. Notre époque possède en effet cet avantage de brasser les cultures et de mettre largement à la disposition de chacun les enseignements les plus divers. Ceci pour dire qu’il est certes très bon – et même nécessaire – de s’élargir l’esprit, mais qu’il n’est pas bon de tout mélanger.

La conception orientale, qui idéalise et même divinise le gourou*, me semble difficile à assimiler pour notre mentalité. Des siècles d’esprit critique et de laïcité l’ont rendue trop réaliste, pour le meilleur et pour le pire, et réticente quand il s’agit de la relation entre un maître et son élève tel que l’Orient la voit et la pratique. Le vieux fonds culturel, comme l’antique fonds religieux dans lesquels nous avons baigné, même sans en être très conscients, ne doivent pas, ne peuvent pas être effacés ni occultés, sauf rarissimes exceptions, et surtout quand il s’agit de laïcs (bien que dans certains Ordres religieux chrétiens, l'abdication de la volonté propre entre les mains d’un supérieur soit encore une pratique recommandée. Mais vous n’êtes pas dans ce cas). 
* ndlr : du moins dans certains cas extrémistes.

Donc, n’entretenez pas d’idées stéréotypées concernant cette relation. D’abord elle est spontanée. On ne va pas voir un gourou (puisque ce terme est entré dans le vocabulaire), dans l’état d’esprit profane avec lequel on va consulter un spécialiste de la peau. Et puis si la spontanéité, si l’attirance mutuelle n’existait pas, ce qu’il y a de très haut, de très sacré dans leur amitié ne pourrait ni germer, ni fleurir, du donner de fruit. Ensuite ne croyez pas que l’esprit du disciple, ces qualités qui font un disciple, se trouvent chez tous les aspirants orientaux. Mon Maître, qui était un soufi, avait désigné une de ses élèves parmi les autres en disant qu’en elle il avait trouvé " cet esprit du disciple, qui est si rare, même en Orient ".

Il avait aussi parfaitement assimilé notre mentalité. Quand il était en public, il privilégiait la compréhension, même lorsqu’il enseignait par le silence. Ce qui n’empêchait pas qu’il recommandait et exaltait la dévotion envers Dieu, mais non envers une personne. Son attitude n’encourageait nullement cette vénération démonstrative, cette mise sur piédestal que l’on pratique si facilement en Orient, et spécialement dans l’Inde, au point que l’on y vénère les vaches, les singes et même, en certains endroits, les rats. En tout cas, autour de Hazrat Inayat Khan, l’on ne voyait rien de tel.

Mais en quoi consiste cet " esprit du disciple " dont je viens de vous parler ? Je vais seulement vous raconter une anecdote, qui est vraie. On avait donné à un adepte débutant un certain exercice spirituel. Il le pratiqua d’abord de façon intermittente pendant quarante ans, sans constater en lui de changement bien notable. Néanmoins, comme il avait confiance en celui qui le lui avait prescrit et en sa propre vocation, il persista et surtout rendit quotidienne (au bout de quarante ans !) cette pratique. Trois ou quatre ans passèrent encore, avec des progrès fort lents. Enfin, après la quarante-cinquième année environ de sa pratique, il remarqua en lui que commençait la transformation interne pour laquelle on le lui avait proscrit.

Voyez-vous, notre époque moderne, qui est une époque d’impatience, veut des résultats rapides. Est réputé valable un procédé qui apporte, de manière quasi automatique, le bénéfice espéré. C’est comme de privilégier l’aspirine par rapport à un traitement moins spectaculaire, mais qui, allant plus au fond, est plus lent. C’est aussi toute la différence qui sépare une discipline extérieure, par exemple la gymnastique, du culte intérieur. L’une privilégie l’impatience dont j’ai parlée, l’autre la patience, l’une ce qui se voit, l’autre ce qui n’apparaît pas aux yeux des autres.

Ne soyez pas effrayé de ce qui peut apparaître comme de longs délais. Toute chose solide prend son temps. Et puis, il y a dans la durée un processus de purification le plus souvent imperceptible, qui se fait dans le caractère, l’intelligence, les sentiments d’un adepte avant les grands changements qui en feront un spirituel, un mystique à part entière. Il est juste aussi de dire que, chez certains, le processus est plus rapide. Il semble en effet qu’il y ait des individus déjà tout préparés pour les phases finales de l’ascension. Mais c’est exceptionnel. En outre, il est certain que, derrière l’impulsion qui pousse un être vers le chemin intérieur, il y a une intention divine qui désire le faire passer par telles et telles expériences plutôt que par telles autres ; car il y a une destinée intérieure comme il y a une destinée extérieure, des diversités d’aptitudes spirituelles comme il y en a d’intellectuelles et de corporelles.

Les vrais maîtres de la voie mystique dont d’une rencontre rare. Il se peut qu’elle survienne pour nous dès le début de notre démarche. C’est une grande chance qui n’échoit pas à tout un chacun. Il y a heureusement des personnes que l’on pourrait appeler des instituteurs, ou des conseillers. Ceux-là, ou celles-là, sont comme des frères ou des sœurs aînées, pleins de bonne volonté et de bienveillance et qui ont acquis assez d’expérience des difficultés à surmonter et des fourvoiements possibles pour assister ceux qui en sont à leurs débuts.

La nécessité d’un maître accompli, déjà parvenu au plus haut, à ce degré dont le Christ a dit : " Soyez parfaits, comme votre Père au Ciel est parfait ", et qui est devenu un pur miroir des Qualités divines, se sont produit dans les stades élevés de l’évolution. L’âme, la conscience, s’élève peu à peu d’un monde, d’un plan d’expérience, à un autre. Chacun de ces mondes est comme une contrée à traverser pour aller plus loin. Et chacun est plein de tentations et de mirages qu’il faut surmonter. Et ne croyez pas que les plus élevés soient les plus aisés à traverser ! " La Vérité est un pays sans chemin " a dit un spirituel. " Le pèlerin doit passer par mille mondes – a écrit un Maître – et dans chaque monde il perçoit des visions et éprouve des difficultés qui lui sont particulières. Oh Frères ! l’âme est pour le But. Elle doit crier hardiment : " Que je cesse d’exister, ou bien que j’atteigne le But ". Cependant, pour ce que je sais de vous, cela n’est pas encore d’actualité. Donc soyez rassuré, d’autant qu’il est aussi écrit : "Quand le cri du disciple atteint un certain diapason, le Maître vient pour y répondre ". Vous me demandez aussi : que dois-je faire maintenant pour avancer ? C’est simple : purifiez votre vie.

Notre vie est à purifier sur trois plans : physique, moral et mental. Je vous demande de réfléchir vous-même à la façon de vous y prendre pour commencer. Vous m’en ferez part, et nous en discuterons chemin faisant ".

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Published by Michel Guillaume - dans CU 2007 - articles
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