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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 19:39
document transmis par Didier Le Roux *, publié dans la Correspondance unitarienne, n° 72, octobre 07, article à la Une.

D. Le Roux est éditeur du site " Unitariens " (http://site.voila.fr/unitariens) et par ailleurs membre du bureau de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) en qualité d’intendant (poste créé par décision de l’AG du 6 octobre 07)


" Le Monument de Michel Servet, de M. Jean Baffier, doit s’élever sur la place de la Vieille-Estrapade *. C'est une oeuvre originale, forte et consciencieuse, digne de l'auteur de ce Marat, qui méritait de figurer au palais des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Le Michel Servet de M. Jean Baffier répond bien à son objet et il serait à désirer que tous les statuaires [= au sens ancien de sculpteurs] chargés de l'exécution d'un monument commémoratif n'abordent une telle entreprise qu'après avoir aussi profondément creusé leur sujet que l'a fait ce statuaire de grand talent.

Comme nous l'avons raconté ici même, l'an dernier, M. Jean Baffier s'est, en effet, longuement documenté. Un portrait qu'il a trouvé à la Bibliothèque nationale lui a permis de restituer avec fidélité la physionomie de Michel Servet, et tous les détails du monument montrent qu'il s'est minutieusement inspiré du jugement du Conseil [de Genève] et des récits des contemporains.

Michel Servet avait quarante-deux ans quand il fut brûlé ; le statuaire l'a donc représenté dans la force de l'âge. Il lui a donné cet air d'énergie, de volonté et d'inflexible ténacité qui nous est révélé par son portrait et plus encore par le récit de sa vie et celui de ses derniers moments.

Il est debout sur le bûcher. De solides chaînes le lient étroitement, par la poitrine et par des chevilles, à un poteau auquel l'artiste a donné la forme d'un tronc d'arbre. D'autres chaînes enserrent ses mains, ramenées sur la poitrine. Tout dans sa tête, son port altier, le regard qui ne s'abaisse sur la foule qu'avec dédain et, quelques instants avant que de s'éteindre pour toujours, défie encore Calvin et sa théologie, les lèvres serrés et qui refusent de prononcer les paroles de rétraction exigées par Guillaume Farel et les autres tortionnaires, exprime merveilleusement, une indomptable ténacité et un souverain mépris. C'est une admirable tête de lutteur et d'apôtre.

Un exemplaire de la Christianismi Restitutio, pendu à une chaîne et qui partagea le supplice de son auteur, bat sur la cuisse du condamné.

Et quant au vêtement, il se compose d'une mauvaise chemise et de pauvres chausses qui, par endroits, laissent la chair à nu ; ceci en souvenir de ce qu'écrivait Servet aux membres du Conseil: 'Calvin est au bout de son rôle, ne sachant ce que doit dire, et pour son plaisir me voult ici faire pourrir en la prison. les poulx me mangent tout vif. Mes chausses sont deschirées et n'ay de quoi changer, ni pourpoint, ni chemise que une meschante.'

Ces lignes de Servet seront reproduites sur l'un des côtés du socle, pour expliquer ce délabrement de costume. Le socle nous délivre, pour une fois, de cet invariable piédestal où tous nos statuaires ont accoutumé de dresser leurs statues. Il figure un bûcher, légèrement stylisé pour s'accorder aux nécessités architecturales. Comme il est fait de bois vert 'pour prolonger la cérémonie', suivant l'expression de Voltaire, M. Jean Baffier y a mêlé quelques feuillages qui forment le décor où s'encadreront les inscriptions.

Enfin, voilà donc un monument qui sort de l'ordinaire. Michel Servet n'a rien de vulgaire, ni de banal ; l'originalité en est incontestable. C'est, de toutes façons, une fois en place, que cette statue ne saurait laisser les passants indifférents. Elle les contraindra à penser "

* la place de l’Estrapade est au sud-ouest du Panthéon. Finalement l’endroit choisi fut la place Mont-Rouge, devant la mairie du XIVème (place divisée depuis en deux squares : Ferdinant Brunot et Aspirant Dunand). L’inauguration de la statue se fit le 5 juillet 1908.

Source 
BOUVIER Charles, La question Michel Servet, Paris, éd. Bloud, 1908, 62 p. (" Questions historiques ").

Chaque fois que les chrétiens unitariens ont l’occasion de se réunir à Paris, ils n’oublient pas d’aller fleurir la statue de cette Michel Servet à Paris, ainsi les 6 mars 06 et 5 octobre 07 lors de leurs deux dernières AG. Voir notre message du 10 octobre dernier dans les Actualités unitariennes 


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Published by Didier Le Roux - dans CU 2007 - articles
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