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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 19:37
3ème partie - Un unitarien peut-il porter une médaille ?


Les unitariens sont très libéraux sur de nombreux points, car ils refusent les dogmes superflus. Ils sont cependant très stricts sur ce qui les constitue, le monothéisme sans concession, et l’affirmation corollaire de la seule humanité de Jésus. Il y a aussi cette influence protestante qui veut que la Parole, ou le son, soient les interprètes du sacré ; mais que l’image, la vue, soient quelque peu suspectées d’idolâtrie. On se rappelle la querelle, qui finit mal, entre sociniens adorants (rendant un culte à Jésus) et davidiens unitariens non-adorants [ndlr : ceux qui, en Transylvanie, suivirent l’avis de Férencz David] : l’histoire a tranché en faveur de ces derniers.

Serait-il donc être idolâtre et adorant que de porter une médaille à l’effigie de Jésus ? Serait-ce, comme on l’a dit de manière quelque peu agressive, une sorte de pas en arrière vers le catholicisme ? La réponse à cette " fraternelle réprimande " doit être mesurée.

Nombre d’unitariens viennent du protestantisme, d’autres du catholicisme, de l’agnosticisme, voire du judaïsme ou de l’islam : l’unitarisme n’est pas une variante du protestantisme [ndlr : mis en gras par l'auteur dans le texte], et s’oppose à nombre de ses présupposés dogmatiques (prédestination, sola fide, etc.). Il ne se sent donc pas tenu par les habitudes cultuelle du calvinisme, par exemple par son " iconophobie ". Les unitariens anglophones ont dans leurs églises des statues, des peintures représentant des scènes de l’Evangile, des vitraux imagés …

 
A un niveau plus profond, on peut rappeler que l’unitarisme est certes un rationalisme, mais pas seulement : il essaie de garder un équilibre entre l’esprit et le cœur, de faire collaborer la foi et la raison. Dans un de ses sermons, le grand théologien unitarien des USA, James Luther Adams (1901-1994), développe les idées suivantes (très condensées) : 

Etats-Unis--James-Luther-Adams.jpgle théologien américain James Luther Adams

La mémoire d’une communauté, comme celle d’une personne, est un élément très important de sa vie spirituelle. Malheureusement divers facteurs poussent à l’oubli : le stress, l’égocentrisme, la superficialité, fort attirés par la nouveauté, mais surtout ce qu’Adams appelle " la pure spiritualité ", la supposition erronée que les humains sont capables de rechercher ou de comprendre la vérité sans la médiation des sentiments ou des évènements importants du passé … Pourquoi le christianisme a-t-il supplanté tant d’autres religions anciennes ? C’est qu’il n’était pas seulement une philosophie ou une mythologie … Quand nous commémorons aujourd’hui la vie et mort de Jésus, nous reconnaissons implicitement l’importance des PERSONNES, autant que des idées et des principes. Notre Eglise n’est pas seulement un monument à la gloire des idées ou des idéaux. C’est un monument des moments importants pour l’Humanité. Notre Eglise n’est pas vouée à la " pure spiritualité " ; c’est une communauté de personnes. Nous pensons qu’un univers où l’homme étrange de Galilée a été pendu à une croix est différent de ce que serait un univers sans le Nazaréen. Ce sont de tels hommes, et souvent leur sacrifice, qui ont fait naître ce qu’il y a de bien dans notre univers ".

Pour un Occidental d’aujourd’hui, une image n’est pas forcément une idole. Nous n’avons pas à adorer Jésus, ni à le prier ou à attendre de lui des miracles. Nous lui devons la piété due au Précurseur, au fondateur ; l’attachement à sa personne, la fierté d’être ses vrais disciples, le souvenir de ses enseignements.

La médaille est seulement un symbole, celui de la fidélité. Au Galiléen, et à nos autres martyrs, Servet, David et tous les anonymes qui voulurent ressembler à notre Enseigneur. Porter son effigie, c’est affirmer que notre christianisme n’est pas du bout des lèvres, ou une lubie à épisodes récurrents et très espacés. La veille de sa mort, à son dernier repas communautaire, Ieshouah’ a souhaité, et sa supplique nous touche encore : " Faites ceci en mémoire de moi ! ".


Pour commander la médaille : voir le site de l’AFCU (en lien), 
rubrique " la médaille des Frères polonais ".

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Published by Albert Blanchard-Gaillard - dans BLANCHARD-GAILLARD Albert
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