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le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
http://afcu.over-blog.org/categorie-1186856.html


 

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 19:12

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Albert Blanchard-GaillardLa médaille de reconnaissance des frères polonais, dite improprement médaille du Campo dei Fiori ", Revue Regard, n° 2, été 1997, Institut d’études et de recherches sur l’histoire, les traditions, la nature et les sciences (revue disparue après le n° 3, 1998), pp. 30-34

la photo jointe provient du site "Livres.mystiques.com"


1ère partie - La médaille des frères polonais


Au début de la seconde moitié du XVIème siècle, le protestantisme, majoritairement calviniste, s’implanta fortement en Pologne. En 1572, on célébrait le culte dans 650 temples, soit presque 20% des paroisses catholiques. Mais, dès 1562, en Petite Pologne (région Sud du pays, autour de Cracovie), se produisit une scission entre protestants calvinistes (on disait alors de la Confession helvétique) et anti-trinitaires   ces derniers formèrent alors une Eglise appelée " Ecclesia Minor ", puisque de moindre taille. Les fidèles de cette Eglise d’appelaient eux-mêmes simplement Frères ou chrétiens ; à l’étranger, on les nomma Frères polonais, plus tard sociniens ou ariens.

Le nombre d’églises des Frères polonais s’éleva à plus de 200, avec environ 40 000 fidèles, membres surtout des classes moyennes et de la noblesse fortunée et cultivée. " Les sociniens, nous dit Ambroise Jobert, formaient en Pologne une minorité négligeable par le nombre, mais remarquable par sa culture ... ". Lors de la Contre-Réforme, et par décision de la Diète de 1658, les Frères polonais furent interdits sous peine de mort, et contraints à la conversion forcée ou à l’exil.

Cependant, dès la fin du XVIème siècle, de jeunes Frères polonais d’origine noble avaient entrepris de fréquenter les université étrangères, principalement hollandaises et allemandes, sous la conduite d’un ministre ou d’un théologien anti-trinitaire, tout en gardant la plus grande discrétion sur leurs convictions religieuses, alors passibles un peu partout en Europe de la peine de mort. Or l’un de ces théologiens, André Wojdowski, un des premiers disciples de Fauste Socin, " convertit à Leyde (en 1597) un étudiant originaire de Nuremberg, Ernest Soner, qui devint en 1605 professeur de médecine à l’Académie d’Altdorf, proche de sa ville natale. Soner réunissait des étudiants chez lui, en grand secret, pour les gagner aux doctrines de la secte. Ils se dispersaient ensuite dans toutes les universités d’Allemagne, portant, en signe de reconnaissance, une médaille frappée à Nuremberg, qui portait à l’avers l’effigie du Christ et l’inscription en caractères hébraïques : Le Seigneur Jésus. Au revers : dans la paix est venu un roi, un messie, en vérité dans la grâce, il a été tiré de l’humanité. (traduction Claude Orrieux, de l’université de Lyon) ".

Citation tirée de " De Luther à Mohila, la Pologne dans la crise de la chrétienté, 1517-1648 " d’Ambroise Jobert, professeur de l’université de Grenoble, spécialiste de l’histoire polonaise, Institut d’études slaves, Paris, 1974, p. 237 et reproduction de la médaille pp. 216-217.

Le célèbre slavisant n’affirmait pas à la légère car la médaille avait été portée à sa connaissance dans la collection de a famille Przypkowski, à Jendrzejov, Voïévodie de Kielce, avant la deuxième guerre mondiale, et il avait pu en prendre photo. Or, la famille Przypkowski la détenait dès les origines, connaissant les circonstances de sa création, puisqu’elle avait été portée par un de ses ancêtres, Samuel Przypkowsli, mort en 1670, guerrier, poète, noble et théologien unitarien dont les écrits furent publiés dans la Bibliotheca fratrum polonorum. Nous avons là, outre la médaille dans un excellent état de conservation, un témoignage (plus exactement une tradition familiale) de première main.

Nous ne savons rien, par contre, sur le graveur, sur le choix de la figuration de Jésus, sur celui des inscriptions du revers : ce qui n’a rien d’étonnant vu le caractère clandestin, " hérétique ", de l’entreprise. Cette médaille avait l’obligation d’être un signe de reconnaissance pouvant être arboré, donc discret et peu compromettant : d’où l’avers avec un profil de Christ, mais avec une inscription hébraïque, ce qui pouvait intriguer, et être une proclamation de foi, claire pour les initiés, mais peu lisible pour le commun, ce à quoi correspondent les " phrases " du revers. Au demeurant en présence d’un questionnement inquisiteur, on pourra toujours argumenter en faveur de l’apparente innocence des inscriptions. Nous aurons à examiner en détail image et inscriptions, pour en fournir une critique interne. 

Admettons d’ores et déjà que le profil du Christ est soit une création originale, soit une copie ou une adaptation de médaillon déjà existant (ce qui nous paraît le plus probable) : quant à l’inscription du revers, elle n’a d’équivalent nulle part ; elle a donc été faite à dessein. Tout cela n’aurait rien de bien compliqué à interpréter si, à la fin du XIXème siècle, des amateurs ignorants, dont des continuateurs existent encore, n’étaient tombés par hasard sur un exemplaire de la médaille et n’en avaient donné des commentaires défiant le bon sens et l’honnêteté. [à suivre]

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Published by Albert Blanchard-Gaillard - dans BLANCHARD-GAILLARD Albert
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